« L’égalité homme/femme n’est pas physique. Elle porte sur les droits  » : Sika Kaboré, première dame du Burkina.

Pas de répit pour Sika Kaboré, épouse du Président du Faso. Entre des réunions dans ses bureaux à la Fondation KIMI et des missions d’information et de sensibilisation dans les régions du Burkina, la première dame s’active pour l’organisation du Forum Génération Egalité (FGE) prévu du 30 juin au 2 juillet à Paris en France. A Ouagadougou au Burkina, plusieurs activités, notamment des panels, sont aussi prévues. Elle nous donne plus de détails dans cette entrevue accordée à Moussonews.

Qu’est-ce que le Forum Génération Egalité ?

Le Forum Génération Egalité ( FGE) est un rassemblement mondial pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Il fait suite à une autre grande manifestation qui s’était tenu à Beijing en 1995. En 2020, cela a faisait exactement 25 ans mais à cause de la pandémie à coronavirus, le FGE a été repoussé à 2021, toujours à Paris. 25 ans après Beijing où les femmes ont proclamé leurs droits, Paris constitue une étape bilan pour évaluer les progrès accomplis et définir de nouveaux engagements dans les domaines où il n’y a pas eu d’avancées, le tout  pour que d’ici 2030, l’on puisse atteindre l’égalité femme /homme.

Quel est l’enjeu du forum pour le Burkina Faso ?

L’enjeu pour le Burkina, les femmes du Burkina et au-delà celles du monde entier est de pouvoir se mobiliser en faveur des droits des femmes. Le FGE Paris 2021 s’organise autour de six grands thèmes qu’on a appelé des coalitions d’actions. Le Burkina fait partie d’une des coalitions. Il s’agit de la coalition : « Droit à disposer de son corps et Droits et santé sexuels et de la reproduction ». C’est une grande reconnaissance du mérite du Burkina Faso en la matière. Il faut noter aussi que c’est l’une des rares fois qu’un pays francophone d’Afrique noir est désigné comme leader à ce niveau et dans une telle coalition. Notre pays, faut-il le rappeler, est véritablement engagé pour la santé sexuelle et reproductive, en témoignent les textes sur la gratuité des soins ainsi que sur la gratuité de la planification. Nous portons les voix des millions de femmes au Forum, d’où la nécessité de bien se préparer pour relever le défi. Il faut préciser qu’à Paris, seront défendus, au profit des femmes et des filles noires francophones, des engagements qui seront eux-mêmes traduits par la suite en plan d’actions quinquennal pour l’atteinte de l’égalité homme femme.

Qu’est-ce qu’on entend par génération égalité ? 

Quand on parle d’égalité homme/femme, il ne faut pas le prendre sur le plan physique. Ce n’est pas possible. L’homme est l’homme et la femme est la femme, et les deux constituent le genre humain. Il ne s’agit pas d’une question physique, mais plutôt d’égalité de chance, d’équité de genre. Par exemple, au Burkina il y a des familles où on ne déclare pas les filles à leur naissance à cause de leur sexe. Elle ne représente rien. Son existante est ignoré et elle n’ira pas à l’école alors qu’elle a le droit à la vie, à la reconnaissance juridique, à l’éducation, à la formation, à un choix de vie décent, etc.

Qu’est-ce qui vous motive dans la promotion de l’égalité des genres ?

En tant que femme, mère, épouse d’autorité et tout simplement en tant que personne ayant eu plus d’opportunités que d’autres, je me fais un devoir d’aider d’autres femmes à s’épanouir. C’est en cela que j’ai développé la Fondation Kimi. En outre, en tant qu’adulte, j’ai le devoir de préparer le chemin pour nos jeunes filles et nos jeunes garçons : quand on parle de génération égalité, ce n’est plus tellement pour moi, mais beaucoup plus pour l’avenir en travaillant à l’émergence d’une génération débarrassée de tous les tabous par lesquels les femmes sont stigmatisés. Une génération qui accepte que la femme est un partenaire pour l’homme et qu’elle doit être considérée comme un citoyen à part entière. Nous devons mettre fin à la discrimination, aux violences basées sur le genre. Nous devons faire en sorte que la génération montante croit en cette égalité entre l’homme et la femme.

Vous, vous croyez en cette égalité homme/femme ?

Oui j’y crois. Fermement.

Une certaine opinion considère l’égalité du genre comme un rapport antagoniste entre les femmes et les hommes ?

Non, l’homme n’est pas pareil à la femme. La question se pose en termes de droits : droit à la vie, à la santé, à l’éducation, au mariage avec son consentement, à l’intégrité physique, droit à l’héritage terrien, etc.  J’invite particulièrement les hommes à faire de ce combat, le leur, pour l’égalité homme-femme. Il y va de l’intérêt de tous et de notre pays, le Burkina Faso.

Interview réalisée par Bassératou KINDO

Laisser un commentaire