Les Sahéliens, toujours réfractaires aux pratiques de prévention contre la COVID-19

Au Sahel, la bataille de la prévention contre la COVID-19 est encore loin d’être gagnée. Selon une enquête de Timbuktu Institute et Sayara International, les Sahéliens sont une minorité à respecter scrupuleusement les mesures barrières, même si la majorité s’accorde sur l’efficacité de ces mesures pour enrayer la propagation du virus. L’objectif de cette enquête, est d’analyser les perceptions des populations du Sahel à propos des informations sur la COVID-19.

Cette enquête est réalisée en décembre 2020 dans huit pays : Burkina-Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Soudan et Tchad. Avec un échantillon hautement représentatif de plus de 4000 répondants sur les données quantitatives (KAP) et plus de 30 entretiens qualitatifs (KIIs), elle est menée par 80 enquêteurs et 7 superviseurs locaux. L’échantillonnage probabiliste et aléatoire permet à chaque individu de la population cible d’avoir la chance d’être interrogé. Quatre strates homogènes (l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et le milieu de résidence [rural/urbain]) ont permis de mieux atteindre la cible. Évaluer leurs pratiques par rapport à la COVID-19 est l’un des buts visés.

 Près de 53 % des Sahéliens suivent les mesures barrières

Il y a un grand fossé entre la perception des mesures préventives et la mise en pratique de ces dernières afin d’enrayer la chaîne de contamination de la COVID-19 au Sahel. Près de 53 % des Sahéliens prennent au sérieux les mesures barrières préconisées pour lutter contre la propagation de la COVID-19. Les campagnes de sensibilisation sur la dangerosité du virus ont clairement impacté une majorité relative des populations interrogées. Aussi, plus de 30% constatent que les membres de leur communauté accordent de l’importance aux mesures barrières.

En revanche, le respect de la distanciation sociale n’est pas systématique. Seulement 25% de la population, soit une personne sur quatre, pensent rester « souvent » à un mètre de distance au moins des personnes qui ne font pas partie de leur foyer. Ils sont 25% à affirmer y rester « parfois ». Une minorité de 20% pense qu’un nombre suffisamment bas de 10 personnes sur 100 dans leur communauté portent un masque ou se couvrent le visage pour se rendre en public. Les résultats de cette étude montrent le degré d’ancrage des populations dans la lutte contre la maladie.

Max BILL

 

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