🔴[ L’Edito du mois de Juillet 2023 ] | les femmes aux abonnées absentes dans les champs

Pour ceux qui en ont la possibilité, pour les zones à faible défi sécuritaire, pour les localités « vivables », les travaux champêtres battent leur plein. Parce que la campagne agricole humide s’est installée un peu partout au Burkina Faso.

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Image Wathi

Des paysans sont donc à l’étape des semis pour certains et au labour pour ceux des zones bien arrosées. Sauf que parmi ces millions de Burkinabè des campagnes qui attendaient impatiemment le début de la saison des pluies pour faire ce qu’ils savent faire le mieux, c’est-à-dire cultiver, une bonne partie a tout laissé derrière elle, pour trouver refuge dans des localités plus ou moins paisibles. L’insécurité est passée par là, engendrant avec elle, des centaines de milliers de Personnes déplacées internes (PDI), majoritairement composées de femmes et d’enfant.

Pourtant, il est incontestable que dans les zones de production agricole, les femmes sont la main d’œuvre la plus abondante, contribuant significativement à la production céréalière et par conséquent, à la sécurité alimentaire. Voilà que par la force des choses, cette masse laborieuse a quitté les zones de production. En plus de créer un déficit céréalier dans l’approvisionnement centres urbains, cette situation fait des producteurs et productrices eux-mêmes, des bouches supplémentaires à nourrir.

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Qu’à cela ne tienne, dans nos sociétés, les champs personnels des femmes occupent une place importante. En effet, chaque femme dispose d’un lopin de terrain sur lequel elle produit généralement des cultures de rente comme des arachides, du haricot, du gombo et autres spéculations. En plus de constituer une provision annuelle en condiments, les fruits de ces champs sont souvent vendus pour subvenir aux besoins de la femme et à ceux de ses enfants, notamment leur scolarisation, leur soin de santé, leur habillement …

Au regard de tous ces aspects, les populations d’accueil des déplacées internes, au-delà de leur légendaire hospitalité, rendrait un grand service à la nation en cédant des lopins de terre, surtout aux femmes PDI. Certes, avec la reconquête progressive du territoire par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), la nouvelle dynamique du ministère en charge de l’action humanitaire, c’est le retour de personnes déplacés dans leur localité d’origine, mais le gouvernement gagnerait à encourager cette autre forme de solidarité. Sur ce point, les nouvelles sont bonnes avec 20 457 ménages soit 125 227 personnes retournées dans leur localité à la date du 23 mai 2023. En attendant, il faut mieux préparer le relèvement à travers l’appui à la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus, la formation professionnelle, l’accompagnement des PDI à la culture de contre-saison sur des superficies aménagées et sécurisées et la vulgarisation de la culture hors sol et l’appui en intrants agricoles notamment. C’est à ce prix qu’on contribuera à atténuer leur douleur, à les aider à voler un tant soit peu de leurs propres ailes.

La RĂ©daction

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