Pied Bot congénital : la fin d’une fatalité pour les mères du Burkina

Le pied Bot (ou Club foot en anglais) est une déformation congénitale très fréquente dans le monde entier. Au Burkina, on estime le taux de nourrissons touchés à environ un pour mille. Pendant longtemps difficile à diagnostiquer et même à soigner, un espoir se dessine cependant aujourd’hui pour toutes les mères toucher par cette maladie, grâce à un projet commun entre le centre hospitalier protestant SCHIPHRA et l’association CURE.

Tous les muscles et toutes les articulations jouent un rôle dans le fonctionnement du pied. La moindre malformation a donc souvent des répercussions gênantes et ces malformations sont nombreuses. Parmi les déformations orthopédiques les plus fréquentes, le pied bot touche environ un nouveau-né sur 1.000, en majorité, des garçons. Il est dû à une rétractation de certains muscles et de certains tendons de la jambe, associée à des malformations osseuses. Le pied ne peut donc pas prendre appui normalement sur le sol.

Pendant très longtemps impossible, le pied-bot peut être diagnostiqué aujourd’hui dès l’échographie du cinquième mois. Le traitement du pied-bot commence très tôt, généralement dès la naissance, car les pieds des nouveau-nés sont encore très malléables.

Ils ne contiennent pratiquement pas d’os mais du cartilage, sorte de tissu mou. Si le pied-bot n’est pas rapidement pris en charge, la déformation va s’aggraver tout au long de la vie et exercer des contraintes sur les articulations, des mauvais appuis à la marche, de l’arthrose, des douleurs… Une des techniques de référence aujourd’hui est la méthode de Ponseti, du nom du chirurgien qui l’a développée dans les années 1950 aux Etats-Unis. Pour éviter l’opération, il a eu l’idée de traiter le pied-bot grâce à des plâtres. Des séances de rééducation, débutées rapidement, peuvent parfois suffire. Mais pour certains enfants souffrant de formes graves, les traitements peuvent être plus complexes.

Autrefois pratiquement inaccessible pour les parents n’ayant pas assez de moyens financiers, le traitement du pied bot est aujourd’hui accessible au Burkina Faso de manière totalement gratuite pour toutes les femmes enceintes et ce du diagnostique à la prise en charge. En effet l’association humanitaire CURE en partenariat avec l’hôpital SCHIPHRA offre à toutes les femmes souhaitant soigner leurs bébés, une prise en charge complète et gratuite, comprenant même un suivi et les séances de rééducation nécessaires. Le Docteur OUBDA FAYCAL, en charge du projet invite toutes les femmes enceintes à participer à ce projet, même si l’initiative ne couvre pour l’instant que la ville de Ouagadougou car l’hôpital est le seul à le faire pour l’instant.

Aujourd’hui, le pied-bot est très bien pris en charge. Pourtant, dans l’imaginaire collectif, cette malformation a longtemps été mal perçue. On pense par exemple aux grosses chaussures orthopédiques. Et il y a quelques siècles, le pied-bot était même associé aux mendiants et autres disgraciés arpentant les rues en boitant. Le combat de l’association Cure est aussi de lutter contre ces vieux préjugés et d’aider aussi bien les enfants que leurs mamans a surmonter les difficultés liés à cette pathologie.

Cheriff Sawadogo

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