8 mars 2026 : Pour une contribution des femmes et filles à la promotion du vivre-ensemble, Martine propose le coaching et le mentorat

À l’occasion de la 169ᵉ Journée internationale de la femme, célébrée sous le thème « Bâtir une paix durable au Burkina Faso : Contribution des femmes et des filles à la promotion du vivre-ensemble », mon intervention constitue un plaidoyer stratégique qui met en avant la force des femmes et des filles comme piliers de la cohésion sociale et de la paix. Je propose des voies alternatives comme le coaching et le mentorat pour assurer la continuité et l’efficacité des actions des femmes et des jeunes filles au service de la nation.

En abordant la thématique choisie par le Burkina Faso, « BÂTIR UNE PAIX DURABLE AU BURKINA FASO : CONTRIBUTION DES FEMMES ET DES FILLES À LA PROMOTION DU VIVRE-ENSEMBLE » !, retenons :

Introduction
Le Burkina Faso traverse une crise multidimensionnelle marquée par une insécurité persistante, des déplacements massifs, la fragilisation des solidarités et des défis socio-économiques. Dans ce contexte, la construction d’une paix durable exige une mobilisation inclusive, où les femmes et les filles jouent un rôle central. Le nouveau référentiel de développement (2023‑2027) place la cohésion sociale, la résilience et l’égalité de genre au cœur de la stratégie nationale, offrant un cadre propice pour valoriser leur contribution.

Problématique
Comment les femmes et les filles, confrontées à des souffrances disproportionnées, peuvent-elles transformer ces défis en opportunités pour bâtir une paix durable et renforcer le vivre-ensemble au Burkina Faso ?

Axe 1 : Les femmes, piliers de la cohésion familiale

La famille, cellule de base de la société, est fragilisée par la pauvreté, les déplacements forcés et les violences domestiques. Les femmes, en tant que gardiennes des valeurs, ont la responsabilité de restaurer la solidarité et de prévenir l’insécurité familiale. Selon l’UNICEF, près de 1,9 million de personnes déplacées internes sont majoritairement des femmes et des enfants, ce qui accentue leur vulnérabilité mais aussi leur rôle de médiatrices et d’éducatrices. La paix commence dans les foyers, par l’éducation des enfants au respect, à la tolérance et au vivre-ensemble.

Axe 2 : Le poids des souffrances et la nécessité de nouveaux comportements

Les femmes et les filles portent un fardeau disproportionné des crises. Ce sont notamment des violences sexuelles, la perte de moyens de subsistance, l’accès limité aux soins et à l’éducation. En 2022, le ministère de la Justice a enregistré 11 116 cas de violences basées sur le genre (VBG), dont 8 764 femmes et 2 352 hommes. En février 2025, 416 cas de VBG ont été pris en charge par 35 organisations dans 10 régions. Ces souffrances doivent être reconnues comme des leviers de transformation sociale.

Comme le souligne Monique ILBOUDO : « La paix ne se décrète pas, elle se construit dans les foyers, dans les communautés, dans les cœurs. » Cette construction implique l’adoption de nouveaux comportements par les victimes elles-mêmes, en s’organisant, en revendiquant leurs droits, en participant aux instances de décision, mais aussi par les autres acteurs sociaux, qui doivent reconnaître et soutenir leur rôle.

La communauté ne pourra mieux vivre ensemble que lorsque les intérêts de chacun·e seront pris en compte, en partie ou en totalité. La paix durable exige que chaque citoyen·ne se sente valorisé·e, écouté·e et considéré·e, car c’est dans la reconnaissance mutuelle que naît la cohésion sociale.

Axe 3 : Contribution communautaire et nationale des femmes

Les organisations féminines, déjà mises en lumière dans Femmes en première ligne : Organisations féminines face aux défis de l’insécurité en Afrique de l’Ouest, démontrent la capacité des femmes à mobiliser les communautés, à prévenir les violences et à promouvoir la solidarité.

Sur le plan économique, les coopératives féminines et les initiatives locales contribuent à réduire la pauvreté et à stabiliser les familles. L’INSD rappelle que les femmes représentent plus de 51 % de la population burkinabè, mais elles sont surreprésentées dans la pauvreté, surtout en zones rurales où vivent 65,9 % de la population.

Dans cette dynamique, le coaching et le mentorat apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer l’action communautaire des femmes et des jeunes filles. Ces approches permettent non seulement de développer leurs compétences en leadership et en gestion de projets, mais aussi d’assurer une continuité et une efficacité durable dans leurs initiatives en faveur de la cohésion sociale et de la paix. Le mentorat favorise la transmission intergénérationnelle des savoirs et des expériences, tandis que le coaching accompagne les femmes et les filles dans la consolidation de leur confiance, leur résilience et leur capacité à influencer positivement leurs communautés.

Il y a fort espoir de rebâtir une solidarité nationale avec les nouvelles initiatives comme Faso Mebo. Si nous parvenons à nous départir de la propagande et du « m’as-tu-vu », pour en faire un véritable outil de mobilisation et de construction de l’amour et du patriotisme dans nos communautés, alors cette initiative pourra devenir un socle de cohésion. Et pour cela, la mère de la nation, la femme, y a pleinement sa place.

Axe 4 : Intégrer les femmes dans les politiques publiques

Pour que la contribution des femmes soit pleinement reconnue et valorisée, il est nécessaire de :

  • Institutionnaliser leur participation : garantir des quotas de représentation dans les instances locales et nationales de décision.
  • Renforcer leur autonomisation économique : faciliter l’accès au financement, à la formation et aux marchés pour les initiatives féminines.
  • Protéger leurs droits : mettre en œuvre des lois et mécanismes efficaces contre les violences basées sur le genre.
  • Valoriser leur leadership : encourager les femmes à occuper des postes de responsabilité dans les secteurs clés (sécurité, éducation, santé, économie).
  • Institutionnaliser le coaching et le mentorat : intégrer ces pratiques dans les politiques publiques afin de garantir la pérennité des actions communautaires et la transmission des compétences entre générations.

Comme le rappelle ONU Femmes : « La paix durable ne peut être atteinte sans la pleine participation des femmes à tous les niveaux de décision. » De son côté, la Banque Africaine de Développement (BAD) souligne que « L’autonomisation économique des femmes est l’un des moteurs les plus puissants de croissance inclusive et de stabilité sociale. »

Conclusion
Bâtir une paix durable au Burkina Faso implique de reconnaître le poids des souffrances des femmes et des filles, mais aussi leur potentiel de résilience et de transformation. Leur rôle familial, communautaire et national doit être consolidé par des politiques inclusives et par l’adoption de nouveaux comportements, tant par les victimes elles-mêmes que par l’ensemble des acteurs sociaux.

Le coaching et le mentorat doivent être intégrés comme des outils structurants pour garantir la pérennité et l’efficacité des actions menées par les femmes et les jeunes filles. Ils constituent un pont entre générations, une école de leadership et un moteur de cohésion sociale.

Ainsi, la paix durable se construira dans les foyers, dans les communautés et dans la nation, avec les femmes et les filles comme piliers du vivre-ensemble et de la cohésion sociale. À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2026, ce texte se veut un appel fort à l’action, une feuille de route mobilisatrice et un engagement collectif pour que la voix des femmes soit au cœur de la refondation citoyenne et de la stabilité nationale.

Martine YABRE

Auteure

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