Les Villages CAN : « C’est quand les Etalons jouent que les affaires marchent » Adja

Depuis le lancement de la Coupe d’Afrique des Nations le 21 décembre 2025, Ouagadougou vit au rythme du football. Dans plusieurs quartiers de la capitale, des Villages CAN ont vu le jour, devenant des lieux de rassemblement, de cohésion sociale et d’opportunités économiques pour les affaires.
Dans plusieurs recoins de la Capitale burkinabè, écrans géants, chaises alignées, stands de restauration : les Villages CAN ont offert aux supporters un cadre convivial pour suivre les matchs, débattre et vibrer ensemble.
Au sein du SIAO à Ouagadougou, Adja Ouédraogo, plus connue sous le nom de Mama N’a Festival, fait partie de ceux qui voient en ces initiatives une aubaine. Restauratrice et vendeuse de boissons, elle a loué un stand après avoir postulé, comme de nombreux autres commerçants. « Depuis le 19 décembre, nous étions déjà sur le site pour les installations. Le 21 décembre, nous avons commencé officiellement les activités », explique-t-elle.

Selon Adja Ouédraogo, l’engouement a été particulièrement fort lors des rencontres des Étalons. « Le premier match, on a refusé du monde. Malgré plus de 3 000 sièges installés, on a eu de sérieux problèmes de places », raconte-t-elle.

Le 2e match contre le Soudan a connu une affluence plus modérée, pour Adja. La qualification des Etalons pour les 8e de finale était déjà acquise, donc cela a refroidi une partie du public, laissant place surtout aux amoureux du football, selon la festivalière. En revanche, la rencontre très attendue face à la Côte d’Ivoire, disputée le mardi 6 janvier 2025, a de nouveau attiré une foule immense. « Dès 16 heures, soit 3 heures avant le coup d’envoi, les gens étaient déjà là pour réserver leurs places. On a eu trop de clients », souligne-t-elle.

Mais la lourde défaite des Étalons a rapidement changé l’ambiance. « Après le 1er but, certains ont commencé à partir. Au 2e, beaucoup se sont découragés. Et après le 3e, le site s’est presque vidé », confie-t-elle avec regret.
Les Villages CAN, un espace pour les bonnes affaires… mais aussi pour cultiver la cohésion sociale
Au-delà du football, les Villages CAN jouent un rôle social important. « C’est un espace de cohésion sociale. Chacun supporte l’équipe qu’il veut, on échange, on débat, on partage. C’est ce qui rend l’expérience belle », explique Adja.
Pour les commerçants, ces villages représentent aussi une réelle opportunité économique. « Quand les Étalons jouent, les affaires marchent. Sans eux, les gens ne sortent pas », reconnaît-elle. L’élimination de l’équipe nationale, selon elle, constitue donc un coup dur pour les vendeurs qui comptaient sur une CAN plus longue pour rentabiliser leurs investissements.
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Après l’élimination, l’inquiétude s’installe
Si les Villages CAN continuent officiellement malgré l’élimination du Burkina Faso, Adja Ouédraogo craint une baisse drastique de l’affluence. « On ne s’attendait pas à une élimination aussi rapide et facile comme ca. Nous sommes très déçu pour le résultat. Il y a eu trop de buts encaissés, un manque de concentration. C’était vraiment triste. On déplore aussi notre commerce, on risque de perdre des clients », déplore Adja Ouédraogo.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews



