Lutte contre les VBG : Des étudiants outillés, s’engagent à condamner  

Face à la recrudescence des Violences basées sur le genre dans la société, des étudiants ont eu l’initiative de se référer aux spécialistes pour mieux se former et contribuer à la lutte. Autour d’un panel organisé le samedi 10 janvier 2026 à Ouagadougou, ils ont bénéficié d’un partage d’expériences et d’expertises de sociologues et spécialistes. Ils ont été élucidés et encouragés à se tourner vers les structures en la matière pour dénoncer.

L’Université de l’Unité Africaine, ex IAM, à Ouagadougou, a servi de cadre à un panel placé sous le thème : « VBG : comprendre pour mieux intervenir : définitions, formes, détection, prise en charge et cadre juridique ». L’activité s’inscrit dans la phase pratique de la Formation des Leaders d’Associations et d’Organisations (PN-FLAO), un programme initié par l’association Suudu Andal pour renforcer le leadership des jeunes engagés. L’activité a été organisé par des étudiants bénéficiaires dudit programme.

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Des étudiants outillés au question sur les VBG

« Après une formation théorique de trois jours, chaque groupe devait mener une activité pratique. Nous avons choisi d’organiser un panel sur les VBG parce que c’est une réalité préoccupante dans notre société. Beaucoup de cas existent, mais les populations ne savent pas toujours les identifier ni comment réagir », explique Mohamed Arif Traoré, président du comité d’organisation du panel.

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Mohamed Arif Traoré, président du comité d’organisation du panel

Outiller les jeunes pour ne plus être de simples spectateurs

À travers ce panel, les organisateurs ont voulu aller au-delà de la sensibilisation. « L’objectif principal, c’est de renforcer les connaissances des jeunes. Qu’ils sachent définir les VBG, reconnaître leurs différentes formes, détecter les cas et surtout savoir comment agir et orienter les victimes vers les structures compétentes », souligne Mohamed Arif Traoré.

Les échanges ont mis en lumière les différentes formes de violences basées sur le genre : physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et sociales. Un accent particulier a été mis sur la nécessité de ne pas banaliser ces violences.

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Les participants ont également été encouragés à se tourner vers des ONG, associations et centre, pour dénoncer et bénéficier d’un accompagnement.

Lever le tabou autour des VBG

Marraine de l’activité, Rasmata Derra, sociologue de formation et experte en genre et développement, a salué l’initiative des étudiants. « Parler des violences basées sur le genre ne doit plus être un tabou. C’est une triste réalité de notre quotidien. Garder le silence, c’est contribuer à la persistance de ces violences », a-t-elle affirmé.

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Marraine de l’activité, Rasmata Derra, sociologue de formation et experte en genre et développement

Selon elle, les jeunes doivent être suffisamment informés pour devenir des relais de sensibilisation dans leurs milieux respectifs. Elle a insisté sur l’existence de mécanismes formels et endogènes de dénonciation, invitant les victimes à se rapprocher des aînés, des associations et des services compétents.

Une situation alarmante au Burkina Faso

Interrogée sur l’ampleur des VBG au Burkina Faso, Rasmata Derra dresse un constat préoccupant. « La situation est alarmante. Même si nous ne disposons pas de chiffres exacts à cause de la peur de dénoncer, les violences existent bel et bien : viols, mariages précoces, harcèlement sexuel, violences sur les réseaux sociaux… », souligne-t-elle.  Elle précise qu’environ 35 % des cas rapportés concernent particulièrement les femmes, même si les hommes ne sont pas épargnés.

Pour elle, la lutte contre les VBG est un combat de longue haleine. « On ne peut pas dire que cela va finir aujourd’hui ou demain. Mais en multipliant les cadres de discussion et de sensibilisation, ces violences finiront par reculer », espère-t-elle.

Lire aussi: VBG : L’Alliance Droits et Santé exhorte les États africains à transformer les engagements en actions – Mousso News 

Des participants désormais mieux armés

Du côté des participants, le panel a semblé avoir atteint ses objectifs. Gislaine Kinda, étudiante, se dit satisfaite, mieux outillée et engagée à se joindre à la lutte.

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Gislaine Kinda, participante

« J’ai appris qu’il ne faut pas garder pour soi les blessures ou les agressions vécues. Il faut en parler, libérer ce qu’on a sur le cœur », confie-t-elle. Elle affirme également se sentir désormais plus courageuse pour dénoncer et sensibiliser d’autres victimes.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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