La betterave : Une culture aux multiples atouts

Du champ à l’assiette et à la santé, la betterave fait partie des racines comestibles avec multiples atouts. Longtemps absente des habitudes alimentaires burkinabè, elle gagne peu à peu du terrain dans les jardins maraîchers de Ouagadougou. Facile à cultiver, relativement rentable et reconnue pour ses vertus thérapeutiques, cette racine rouge séduit producteurs, revendeuses et consommateurs. À Boulmouigou, immersion dans le quotidien d’un maraîcher qui y croit depuis plus de 15 ans.

Au jardin de Boulmouigou, des planches de terre soigneusement arrosées, les feuilles verdoyantes annoncent une culture peu commune dans la capitale burkinabè : la betterave potagère. Daba en main, dès l’aube, Robert Tapsoba, la soixantaine bien entamée, rejoint son champ. Sur un terrain long de plus de cinq mètres, une dizaine de planches verdoyantes témoignent de son labeur quotidien. Au centre, deux planches retiennent particulièrement l’attention. Elles attirent le regard et éveillent la curiosité. « Ce sont des betteraves potagères, leurs fruits sont très bons », confie-t-il, avec un grand sourire aux lèvres.

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Cela fait plus de 15 ans que le maraîcher s’est lancé dans cette culture peu répandue à Ouagadougou. À ses débuts, la betterave ne faisait pas partie des habitudes alimentaires locales. « À mes débuts, il y a plus d’une dizaine d’années, ce sont surtout les Chinois qui en raffolaient. Ils étaient mes fidèles clients. La betterave n’était pas dans les habitudes alimentaires des Burkinabè », explique-t-il.

Selon lui, la racine était alors quasi inconnue des populations locales, et une grande partie de ses récoltes était destinée à une clientèle étrangère. Mais les habitudes évoluent. Aujourd’hui, la betterave se fait une place dans les assiettes, notamment dans les plats de crudités, les salades composées, les macédoines… « En plus des Chinois qui continuent de s’approvisionner, j’ai maintenant des clientes revendeuses. Elles achètent en gros et repartent revendre à leurs propres clients », se réjouit-il.

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Robert Tapsoba

Robert Tapsoba ne priorise pas la vente en détail. « Ce n’est pas rentable », tranche-t-il. Il privilégie la vente en gros : 30 racines sont revendues entre 2 000 et 3 000 FCFA, selon la saison et l’abondance. Car la betterave, explique-t-il, fait partie des cultures les moins capricieuses. « Il suffit d’avoir de l’eau, de l’engrais ou du fumier, et le tour est joué. On peut la cultiver toute l’année, mais nous la cultivons surtout pendant les périodes de fêtes, entre décembre et janvier, la demande est forte. Elle commence à former des racines en environ 3 semaines », précise le maraîcher.

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Des plants de betterave en croissance

Une rentabilité relative

Sur le plan économique, la culture de la betterave reste mitigée. « Pour chaque planche, je peux avoir un chiffre d’affaires d’environ 20 000 FCFA. Avec deux planches, cela fait 40 000 FCFA », indique Robert Tapsoba. Un revenu qui, à première vue, semble intéressant, mais qui reste insuffisant une fois les charges déduites. « Quand j’enlève le coût de l’engrais, il ne reste plus grand-chose. Mais je remercie Dieu, car cela me permet au moins de subvenir à mes besoins », confie-t-il.

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Des vertus thérapeutiques reconnues

Au-delà de l’aspect économique, la betterave est également prisée pour ses vertus thérapeutiques. Robert Tapsoba affirme qu’elle joue un rôle important dans la régulation de la tension artérielle. « La betterave est très demandée par les personnes souffrant d’hypertension. Quand on la fait bouillir et qu’on boit son eau, la tension baisse rapidement », soutient-il.

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Parmi ses clients figurent ainsi des personnes venues spécialement pour des raisons de santé. Elles achètent souvent deux ou trois racines, vendues entre 200 et 300 FCFA. Un prix peu rentable pour le producteur, reconnaît-il, mais auquel il consent volontiers. « Pour une question de santé, je n’hésite pas à leur donner », assure-t-il.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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