Vendeuses ambulantes : Elles parcourent la ville pour vivre et s’accrocher à l’espoir

Dans les rues de la ville, Aminata Baguian et Zoenabo Sawadogo gagnent leur vie en marchant. L’une vend des habits, l’autre des articles en plastique. Deux activités différentes, mais une même réalité : des journées longues, des gains modestes et l’espoir de jours meilleurs.
À 44 ans, Aminata Baguian, veuve depuis 4 ans, parcourt chaque jour la ville sans point fixe, vendant des habits, des culottes et des pulls pour enfants. Depuis sept ans, cette activité est son seul moyen de subsistance, une nécessité imposée par le manque d’emploi.
« On a du mal à trouver du travail. Mais si tu pars prendre 500 et tu obtiens 600, ça vaut mieux que rien, c’est un soulagement », déclare-t-elle. Chaque matin, elle quitte la maison à 7 heures et ne rentre qu’à 18 heures, parcourant de longues distances.

De Saaba, Aminata prend le bus, puis descend au grand marché. C’est du marché, qu’elle commence sa marche et se rend dans des quartiers comme Larlé, Goughin…
Pour la marchande, les gains restent faibles et irréguliers. En effet, sur un habit, elle peut toucher 250 FCFA, parfois 150F, parfois seulement 100F, et certains jours, elle rentre sans rien.
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« Ce travail se limite juste à pouvoir satisfaire le ventre, on ne peut pas faire grand-chose avec », explique-t-elle, renchérissant sur la difficulté de joindre les deux bouts. L’argent sert avant tout à acheter le riz et les condiments pour que ses enfants ne dorment pas le ventre vide.
Malgré ses efforts, Aminata admet qu’elle n’a jamais pu réunir assez pour concrétiser certains projets.« Dire que j’ai eu beaucoup d’argent, ce serait dire faux », confie-t-elle.
Les relations avec les clients ajoutent au stress. Les négociations sont parfois longues et tendues et certains cherchent à réduire au minimum son bénéfice.
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« Les 100 FCFA que tu comptes comme bénéfice, il va vouloir que tu enlèves », précise-t-elle.
Élevant seule ses enfants, Aminata économise autant que possible pour faire face aux imprévus, notamment en cas de maladie. Et lorsqu’elle parle de l’avenir, l’émotion la submerge.
« J’ai mis au monde 7 enfants. Malheureusement les 5 sont décédés », confie-t-elle, la voix chargée de douleur. Il ne lui reste plus que deux enfants, dont elle assure seule la prise en charge. Sans domicile fixe, son souhait est simple et vital : pouvoir un jour dormir avec eux en sécurité.
« J’ose croire que le Seigneur facilitera les choses et j’aurai un non-loti pour dormir avec mes enfants », ajoute-t-elle.
Dans un autre secteur de la ville, Zoenabo Sawadogo vit une réalité proche mais tout aussi exigeante. Marchande d’articles en plastique notamment des seaux, bouilloires, pelles, chaises… elle parcourt la ville chaque jour avec ses deux enfants. La petite de trois ans est installée sur une chaise au milieu des articles, à l’intérieur de la charrette qu’elle pousse, tandis que le plus jeune reste porté au dos.

Dans la trentaine d’âge, elle exerce cette activité depuis deux ans et commence sa journée à 9 heures après avoir préparé la cuisine. Elle rentre généralement vers 18 heures, longeant le goudron toute la journée, sans entrer dans les quartiers.
« Sur un article, tu peux avoir 250, 300, 400 ou encore 500 », déclare-t-elle. Les gains sont modestes, mais essentiels pour subvenir aux besoins de sa famille et contribuer à la prise en charge de ses parents.
« Le bénéfice n’est pas comme je le souhaite, néanmoins je remercie le Seigneur parce que cette vente m’aide », renchérit-elle.
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Chaque jour, environ 1 000 FCFA sont consacrés à la nourriture
Fatiguée par les déplacements constants, Zoenabo exprime son désir de pouvoir un jour s’installer dans un lieu fixe afin de faciliter son travail et éviter de circuler en permanence avec ses enfants.
Qu’elles vendent des habits ou des articles en plastique, Aminata Baguian et Zoenabo Sawadogo partagent la même réalité : des journées longues, des gains modestes et la nécessité de continuer malgré tout. Dans la vente ambulante, les produits changent, mais la fatigue, les obstacles et l’espoir restent identiques.
Aristophane ZEBANGO/Stagiaire à MoussoNews



