Ouagadougou : Des sacs contre les sachets de marché

Depuis juillet 2025, l’interdiction des sachets plastiques sur toute l’étendue du territoire burkinabè a profondément modifié les habitudes au marché. À Ouagadougou, cette décision environnementale se vit désormais au quotidien, panier en main, sac sous le bras ou plat à la main. Face à la disparition des sachets autrefois distribués sans compter, les consommateurs en majorité des femmes s’adaptent, inventent et réapprennent à faire leurs courses autrement.

Aux abords des étals de condiments, le changement est visible. Plus de sachets plastiques tendus machinalement après un achat. Désormais, chacun doit prévoir de quoi contenir tomates, oignons ou piments.

«Je fais maintenant mon marché avec les sacs à courses qu’on vend dans les alimentations. Avant, les vendeuses nous donnaient des sachets lorsqu’on achetait les condiments. Mais aujourd’hui, si tu arrives sans rien, elles te demandent même comment tu vas les tenir », raconte Birba, un peu amusée.

Dans les marchés, de nouveaux objets ont ainsi gagné leur place. À côté des légumes et des céréales, on trouve des sacs robustes, souvent fabriqués à partir de matières recyclées ou inspirés des sacs de maïs. Pratiques et résistants, ils séduisent de plus en plus de clientes. « Je préfère ce modèle. C’est gros, solide et surtout moins cher que les sacs vendus dans les alimentations à 150 ou 200 FCFA », explique Fleur Bicaba, qui ne se sépare plus de son sac lors de ses courses hebdomadaires.

Mais l’ingéniosité ne s’arrête pas là. Pour celles qui vivent à proximité des marchés, l’interdiction des sachets a même simplifié certaines habitudes. Amandine Sawadogo, dont la maison se trouve à deux pâtés de maisons du marché, a opté pour une solution des plus simples : un petit plat.

« La femme chez qui j’achète mes condiments est juste à côté de ma maison. Pourquoi me fatiguer à chercher des sacs ? », lance-t-elle. Chaque matin, son plat à la main, elle fait l’achat de ses condiments sans contrainte. Par précaution toutefois, elle conserve chez elle un sac de secours, acheté à l’alimentation, pour les jours où les courses se font plus loin, en ville.

Face à cette demande grandissante, l’interdiction des sachets plastiques a aussi ouvert la voie à de nouvelles opportunités économiques. Dans les marchés comme dans les alimentations de quartier, certains commerçants ont rapidement élargi leur offre. En plus de leurs marchandises habituelles, ils proposent désormais des sacs à courses de différentes tailles et matières aux prix variables de 150 à 300 FCFA pour les marchés et de 150 à 2000 FCFA dans les alimentations. Une manière pour eux de répondre aux besoins des clients tout en augmentant leurs revenus.

Annick HIEN/MoussoNews

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