Bobo : Il viol la femme de son voisin et vole 52 500 F

Un cultivateur de 28 ans, répondant au nom de Kader, a comparu le 13 janvier 2026 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. Accusé d’avoir violé et dépouillé une connaissance sous la menace d’une arme blanche, le prévenu s’en remet à des « forces mystiques » pour justifier l’injustifiable. Le parquet a requis 7 ans de prison.
À la barre, Kader, un cultivateur bien connu dans son quartier, a répondu de faits de viol et de vol commis avec une préméditation qui laisse peu de place au doute selon l’accusation.
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 10 au 11 décembre 2025. Profitant de l’absence de l’époux de Dame Alima, Kader se serait introduit au domicile de celle-ci aux environs de 3 heures du matin.
Selon le récit de l’accusation, le prévenu ne s’est pas contenté de s’introduire chez elle. Il aurait d’abord coupé l’électricité pour plonger la demeure dans l’obscurité, avant de pénétrer nu dans la chambre, muni d’une lampe torche et d’un couteau.
Sous la menace de cette arme blanche, la victime, qui vivait seule avec sa fillette, a été contrainte de subir un rapport sexuel. « Il m’a menacée de mort si je criais », a raconté Dame Alima à la barre, expliquant son silence par la terreur de perdre la vie.
Avant de prendre la fuite, l’agresseur aurait dérobé la somme de 52 500 FCFA.
Kader était pourtant un habitué de la maison ; il y partait régulièrement pour recharger son téléphone et sa batterie externe. Cette confiance accordée par Dame Alima a été, selon le parquet, le levier qui a permis au prévenu de planifier son acte, sachant pertinemment que la victime n’aurait jamais consenti à ses avances en temps normal.
Face aux juges, la stratégie de défense de Kader a oscillé entre l’amnésie et des justifications irrationnelles. S’il reconnaît connaître la victime, il nie farouchement le viol. Pour expliquer ses agissements, il a évoqué une maladie mystérieuse lui causant des pertes de mémoire, ainsi que l’influence de « mauvais génies ».
Aussi, il a invoqué un interdit coutumier. Son ethnie lui interdirait tout rapport sexuel avec celle de la victime, ce qui rendrait l’acte impossible à ses yeux.
Interrogée par le juge sur la vulnérabilité de son domicile ce soir-là, Dame Alima a admis que sa porte n’était pas fermée à clé. « J’étais couchée lorsqu’il a fait irruption », détaille -t-elle.
Dans ses réquisitions, le procureur a balayé les arguments mystiques du prévenu, soulignant la réunion des 3 éléments constitutifs du viol : l’acte matériel (pénétration), la contrainte (arme blanche) et l’intention criminelle.
Outre le viol, Kader est également poursuivi pour des faits liés à une moto volée retrouvée en sa possession. Le parquet a ainsi requis la requalification du vol de la moto en recel, la déclaration de culpabilité pour viol et recel, une peine de 7 ans d’emprisonnement, dont 36 mois ferme et une amende de 600 000 FCFA.
Le tribunal, après avoir écouté les différentes parties, a mis l’affaire en délibéré.
Le sort de Kader sera scellé le 27 janvier 2026, date du verdict.
Source : Justice Infos Burkina
Repris par Annick HIEN/MoussoNews



