#InstantDiasporaBurkinabè : Hanvinni Bognounou ambitionne de devenir une référence dans le domaine de la santé au Burkina

Hanvinni Bognounou est une étudiante burkinabè en biologie au Canada. Formée en nutrition et en naturothérapie, intéressée par la psychologie et la santé mentale, elle est également passionnée par les traditions et la culture de son pays, notamment l’animisme. À travers son parcours, elle nourrit une ambition forte : celle de revenir au Burkina Faso pour contribuer à une prise en charge globale de la santé, alliant savoirs scientifiques, soins naturels et équilibre mental.
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je me nomme Hanvinni Bognounou. Je suis issue de deux cultures, lobi et bwaba. J’ai décidé de poursuivre mes études dans un autre pays pour avoir une autre expérience.
Quel est votre parcours académique ?
Après avoir eu le bac D, je suis allée d’abord faire la nutrition pendant deux ans et demi. J’y ai également suivi ma première formation en naturothérapie. Après cela, je suis venue au Canada pour continuer la biologie.
- Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir le Canada comme pays d’études et de formation ?
Ce qui m’a motivée à choisir le Canada comme pays d’études et de formation, c’est qu’on nous disait qu’ici, on pouvait étudier et travailler, chose qui me plaisait beaucoup. Je me suis donc dit que j’allais tenter l’expérience d’être à la fois étudiante et travailleuse, ce que j’ai réussi à faire une fois venue ici.
- Pourquoi avoir opté pour la biologie comme domaine d’études ?
J’ai opté pour la biologie pour avoir plus de connaissances sur l’être humain, le corps humain, les plantes et les animaux. J’ai fait de la biologie générale et je gradue en juin. Je voulais apprendre davantage sur le corps humain, comprendre comment il réagit face à telle ou telle maladie, apprendre aussi sur les animaux et surtout sur les plantes.
- Quels domaines ou spécialités de la biologie vous intéressent le plus aujourd’hui ?
C’est beaucoup plus la microbiologie, parce que c’est un domaine qui n’est pas négligeable. Tout ce qui est micro, même si on ne le voit pas, agit vraiment sur nous. Il y a aussi le côté des plantes, parce que sans les plantes, on ne respire pas. Avec les plantes, on peut faire beaucoup de choses : soigner non seulement le corps physique, mais aussi le mental.
Concernant la compréhension des enjeux de la santé et du bien-être, la biologie m’aide beaucoup parce qu’on y étudie le corps humain et les maladies. Quand on connaît les bases du corps humain, on peut comprendre les causes et les conséquences d’une maladie sur l’organisme, que ce soit chez la femme, l’enfant, selon le sexe, l’âge et le milieu.
- D’où vient votre intérêt pour la naturothérapie et la psychologie, et comment ces disciplines complètent-elles la biologie ?
J’ai découvert la naturothérapie lors de ma formation en consultance en naturothérapie avec un docteur. J’y ai appris qu’on peut soigner avec la nourriture, l’eau, la massothérapie, le massage. Cela complète la biologie, car la naturothérapie prend en compte le corps humain et les plantes. C’est soigner le corps humain avec les plantes.

La biologie est plus vaste et m’aide à mieux comprendre. Quant à la psychologie, j’ai découvert qu’elle joue énormément sur la santé. Un corps stressé, même s’il mange bien, peut tomber malade, contrairement à un corps détendu. Tout commence par la pensée avant de se manifester dans le corps. C’est pour cela que la naturothérapie, la psychologie et la biologie se complètent bien.
Il ne faut pas soigner uniquement le corps physique, mais aussi le mental et l’émotionnel, qui sont très importants. D’où mon intérêt pour la santé physique et la santé mentale.
- Quelles compétences avez-vous développées grâce à votre parcours au Canada ?
J’ai développé une grande débrouillardise et une forte capacité d’adaptation. Venir d’un pays tropical comme le Burkina Faso pour vivre dans un pays au froid extrême demande une adaptation mentale. Travailler tout en étudiant m’a aussi appris à mieux m’organiser, à concilier travail, études, repos et loisirs.
- Selon vous, comment ces compétences pourraient-elles être mises au service du Burkina Faso ?
Actuellement, au Burkina Faso, on met davantage l’accent sur la santé par les plantes et on parle de plus en plus de santé mentale. Avec mes compétences en biologie, nutrition, naturothérapie et psychologie, je pense pouvoir aider mes frères et sœurs burkinabè, aussi bien sur le plan physique, mental qu’émotionnel, en développant également l’intelligence émotionnelle.
- Comment maintenez-vous le lien avec le Burkina Faso malgré la distance ?
Depuis 2022, je voyage presque chaque année. Je rentre voir la famille et observer le milieu du travail afin de mieux préparer mon retour au pays. Je continue à m’informer sur les avancées médicales et sur la vision et la mentalité des Burkinabè.
- Envisagez-vous de revenir au Burkina Faso pour y exercer ou contribuer à des projets liés à la biologie ou à la santé ?
Oui, je compte revenir au Burkina Faso pour exercer et contribuer à des projets liés à la biologie et à la santé. C’est mon objectif principal. Les connaissances acquises ici en santé mentale, psychologie et intelligence émotionnelle viendront compléter ma formation en biologie. Revenir servir mon pays sera une grande fierté.
- Votre regard sur la situation actuelle du Burkina et les initiatives en matière de santé ?
Je suis très fière de l’évolution sur les plans sécuritaire et sanitaire. Je suis satisfaite des initiatives du gouvernement visant à rendre la santé plus accessible. Lors de mon dernier séjour à Bobo-Dioulasso, j’ai vu le grand hôpital, ce qui a été une fierté pour moi.
Je suis aussi fille de médecin. Mon père est mon repère en matière de santé au Burkina Faso et me renseigne souvent sur les opportunités dans ce domaine.
- Quels sont vos souhaits pour le Burkina Faso ?
Mes souhaits pour le Burkina Faso sont la paix et la cohésion sociale. Je souhaite aussi une plus grande vulgarisation de la santé, pas seulement physique, mais aussi mentale et psychologique. L’être humain n’est pas fait uniquement de chair ; il a aussi un mental et un côté émotionnel. Si ces dimensions ne sont pas réunies, la guérison ne peut jamais être complète.
Diane SAWADOGO/MoussoNews



