Litterature : « Le Saxophone de Parpa » disponible

Le livre « Le Saxophone de Parpa » est disponible au prix de 5000 FCFA. 2 ans après le décès de Jean-Sélestin Paré, sa famille et ses amis ont dédicacé le jeudi 02 avril 2026 à Ouagadougou.
Le titre, « Le Saxophone de Parpa » fait référence à Parpa, un quartier de la ville de Toma, berceau de la famille Paré. Le recueil propose une immersion dans les réalités sociales burkinabè des années 1975.
La présentation du livre n’était pas une simple dédicace, mais l’aboutissement d’un défi lancé de son vivant.
Pascal Paré, fille de l’auteur, a révélé que malgré une culture immense, son père doutait de la valeur de sa plume face aux grands auteurs comme Emmanuel Dongala. « Il ne croyait pas qu’il avait l’étoffe d’un écrivain », a-t-elle indiqué. Pour le convaincre de sauter le pas, elle avait proposé une œuvre collective à « quatre mains » impliquant les talents d’écriture de toute la fratrie et de leur mère.
Le décès de l’auteur a failli mettre un terme à l’aventure, mais la résilience de la famille a permis de finaliser l’ouvrage en novembre 2025. Comme l’a souligné la modératrice Flora Paré, coéditeur du roman, ce livre est le trait d’union entre l’absence et la présence. Épouse et enfants se sont mobilisés pour parachever ce que le patriarche avait commencé.

Le frère de l’auteur, Inissa Paré a rendu un vibrant hommage à celui qu’il considérait comme son mentor. « Jean-Célestin était un grand lecteur, un auditeur inconditionnel de radio. Jeune, il ne pouvait pas aller au lit sans lire ne serait-ce qu’une ou deux pages… ce qui a fait de lui un homme très cultivé », a-t-il témoigné.
Loin d’être une simple figure fraternelle, Jean-Sélestin a été le moteur de la réussite des siens. « Il a mis sa bibliothèque à ma disposition… Il m’a fait comprendre que la réussite dans la carrière dépend de l’honnêteté professionnelle et de la culture personnelle », a-t-il déclaré avec émotion.
Inissa Paré a rappelé comment son frère l’avait « sermoné » pour le pousser à ne jamais abandonner ses ambitions, faisant de lui l’homme qu’il est aujourd’hui.
Alain Ki Zerbo, auteur de la préface du livre a renchéri en décrivant un homme qui faisait la chasse aux expressions erronées qui ne manquaient pas dans la presse et qui n’hésitait pas à proposer ses services aux autorités pour formuler leurs allocutions selon les circonstances afin qu’elles pratiquent la langue de Molière avec l’éloquence requise.
Au-delà de la fiction, le livre se veut pédagogique en explorant des expressions françaises particulières. Pour la famille, ce recueil est une victoire sur la mort, permettant à la plume de Jean-Sélestin de continuer à vivre à travers les générations.
La coeditrice Flora Paré a vivement remercié les invités pour leur présence à cette cérémonie. « Je tiens aussi à dire merci à tous ceux qui ont fait le déplacement. Il y en a qui sont venus de loin. Sa petite sœur venue de Tougan, son frère venu de Boromo, ses amis et tous ses proches qui sont là. Vraiment merci beaucoup », a-t-elle salué.
À travers cette dédicace, la famille Paré n’entend pas vendre pas seulement du papier ; elle souhaite partager un héritage prouvant que par l’écriture, Jean-Sélestin Paré restera à jamais parmi les siens.
Ouédroago Bérénice Grâce Esli (Stagiaire)/MoussoNews



