Lutte contre les violences basées sur le genre : Que promet 2026 ?

Aujourd’hui encore, la violence contre les femmes et les filles reste la violation des droits humains la plus répandue dans le monde. En 2026, les femmes ne disposent que de 64% des droits légaux dont jouissent les hommes et Selon ONU Femmes, dans le monde, 1 femme sur 3 est victime de violence dans sa vie soit l’équivalent de 840 millions de femmes. Les féminicides ne sont pas en reste : des données publiées par ONU Femmes révèlent qu’au titre de l’année 2024, 137 femmes et filles perdent la vie chaque jour dans le monde.
Ces chiffres montrent à quel point les cas de violences et d’abus sont présents au quotidien dans nos pays. Du Burkina-Faso en passant par le Sénégal, le Bénin, le Tchad et très récemment en République Démocratique du Congo et au Cameroun, il y a encore du chemin à parcourir, des acquis à préserver et des changements à impulser.
La lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) en Afrique de l’Ouest reste une urgence. Par exemple, au Burkina-Faso, au Sénégal, au Bénin et au Tchad, les chiffres montrent une prévalence élevée. Violences basées sur le genre, abus sexuels, violences physiques, féminicides, accès limités aux ressources, faible participation aux espaces de décision sont autant d’inégalités qui persistent.
Au Burkina-Faso, les conflits armés que traversent le pays contribuent à exacerber les cas de violences basées sur le genre. L’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) a mené une analyse approfondie des résultats de l’Enquête démographique et de santé (EDS) 2021, qui révèle qu’au Burkina Faso, la violence conjugale sous toute ses formes touchent au moins 29 % des femmes de 15-49 ans, dont environ 20% ont subi des actes de violence physique depuis l’âge de 15 ans. En février 2024, seulement 16,9 % des sièges au Parlement étaient occupés par des femmes.
Au Sénégal, une enquête nationale de référence menée sur les violences faites aux femmes en Mai 2025 par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) rapporte que près de 3 femmes sur 10 ont subi au moins une forme de violence au cours des 12 derniers mois qui ont précédé l’enquête, soit une prévalence de 31,9%. Il ressort aussi de cette enquête que les femmes qui résident dans des ménages de niveau de vie moyen (5,6%) et celles des ménages de niveau de vie très élevé (5,4%) présentent les prévalences les plus élevées en matière de violences physiques.

Au Bénin, en février 2024, 26,6 % des sièges au Parlement étaient occupés par des femmes. Des données en hausse par rapport au Burkina-Faso, mais qui démontrent tout autant le faible taux de représentativité des femmes dans les instances décisionnelles. Une étude menée sur les violences basées sur le genre au Bénin en Août 2022 par le Ministère des Affaires et de la Microfinance et l’Observatoire de la Famille, de la Femme et de l’Enfant montre qu’au total 49907 cas de VBG (toutes catégories confondues) ont été reçus entre le 18 février 2019 et le 18 février 2022 à l’échelle des douze (12) départements du pays. La majorité des actes de violences a été dirigée contre les femmes ou filles.
Au Tchad, 1 femme sur 5 déclare être victime de violence physique et 12% des femmes subissent des violences sexuelles chaque année. 35% des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans et 44% ont vécu des mutilations génitales féminines. Par ailleurs, les femmes en âge de procréer (15-49 ans) rencontrent souvent des obstacles en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs : malgré des progrès, en 2019, seulement 17,5% d’entre elles avaient accès à des méthodes modernes de planification familiale. Des efforts y sont cependant faits en termes de représentativité des femmes : En février 2024, 26,4% des sièges au Parlement étaient occupés par des femmes.
Des réalités qui se rejoignent et des chiffres qui montrent que les droits des femmes restent fragiles et font face à des reculs dans plusieurs régions du monde.
2026 : un appel à l’action renouvelé
Il n’y a pas si longtemps que le 8 mars 2026, la Journée Internationale des Droits des femmes a été célébrée sous le thème : « Droits, Justice, Action pour toutes les femmes et les filles ». Le thème de cette année vient ainsi nous rappeler qu’au-delà des promesses, il faut agir pour venir à bout des inégalités persistantes.
Le droit ne saurait s’opérer sans actions, et la justice sans engagement fort. Il est donc nécessaire d’accélérer les transformations sociales et politiques nécessaires à l’atteinte d’une égalité réelle et à la construction d’un monde plus juste et inclusif. On ne saurait en effet parler d’épanouissement et d’autonomisation des femmes si des cadres qui garantissent le respect de leurs droits et l’expression de leur libertés ne sont pas créés. Ce thème nous interpelle individuellement et collectivement à militer pour une justice équitable, des lois non discriminatoires, des protections juridiques accessibles et adaptées afin que les femmes et les filles jouissent pleinement de leurs droits.

De la nécessité d’une mobilisation collective
Les organisations locales et les initiatives nationales se multiplient pour sensibiliser sur les violences basées sur le genre. Cependant, les données nous révèlent l’urgence d’une mobilisation collective et résonnent comme un cri d’alarme. La défense des droits humains exige des actions collectives fortes. À l’échelle mondiale, des progrès ont été réalisés en matière de droits des femmes, mais des efforts restent à fournir pour parvenir à l’égalité des sexes dans plusieurs pays africains dont le Burkina-Faso, le Sénégal, le Bénin ou encore le Tchad.
Face à la montée des chiffres et aux reculs constatés, nous devons tous devenir des acteurs de première ligne dans la lutte contre les VBG et adopter une posture de dénonciation de toute forme d’abus, ce qui implique un engagement soutenu de la communauté pour protéger les populations vulnérables. Quant aux autorités politiques, elles se doivent de renforcer et veiller à l’application des lois de prévention et de répression des violences basées sur le genre. En effet, sans une volonté politique ferme de nos gouvernements, l’objectif d’atteindre l’objectif zéro VBG ne restera qu’un rêve inatteignable.
Différentes actions sont menées pour changer les mentalités, et au-delà du terrain, la lutte s’invite également en ligne où d’autres formes de violences émergent. Les avancées réelles vers 0 VBG dans le monde sont donc mises à rude épreuve à tous les niveaux et il est plus que jamais nécessaire que les voix s’amplifient et que tous les acteurs (décideurs politiques, structures administratives, organisations de défense des droits des femmes, activistes) restent engagés et mobilisés. Tous Ensemble, Unissons nos voix pour défendre les acquis des droits des femmes et faire progresser des lois justes !
Cette publication WanaData a été soutenue par Code for Africa et la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth, financé par le Partenariat Européen pour la Démocratie (EPD).



