Vin et liqueur à base du manioc : Une innovation de Yameogo Recma

Formée au Sénégal, Yaméogo Recma s’est lancée en 2007 dans la transformation du manioc au Burkina. Basée principalement à Dédougou, elle développe une activité centrée sur la production de vin, de liqueurs, de biscuits, des jus ainsi que divers autres produits à partir de cette matière première.

Yaméogo Recma n’a pas suivi de grandes études. Passionnée de l’agroalimentaire, elle a acquis progressivement de l’expérience dans la transformation agroalimentaire.
Au fil des années, Recma met sur le marché 32 produits dérivés du manioc, dont l’attiéké séché et des biscuits, des jus. Parmi eux, le vin de manioc, lui a valu des distinctions à différentes échelles, notamment au Kenya.
Recma tire profit de tous les elements du manioc. Dans son processus de production, la transformatrice mise sur la valorisation totale des ressources. « Chez nous, rien ne se jette », indique-t-elle. Les feuilles du manioc sont utilisées pour la cuisine, les résidus pour le compost ou l’alimentation du bétail, tandis que les emballages sont recyclés dans la fabrication de pavés.
Recma emploie 26 personnes de manière permanente et mobilise plus de 40 travailleurs journaliers. Elle souhaite contribuer à la création d’emplois autour de la filière manioc.

Par ailleurs, Recma n’est pas que transformatrice. Elle forme des élèves en Bac professionnel, des étudiants, des enseignants et des personnes déplacées internes dans la transformation agtoalimentaire. « Il y a des élèves du Bac Pro, des universitaires, des professeurs, des déplacés internes qui viennent se faire former chez moi », explique-t-elle.
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Une vision tournée vers l’emploi
Pour la promotrice, le manioc représente un levier économique important. Elle insiste sur les nombreuses possibilités de transformation offertes par ce produit. « Beaucoup de produits sont dérivés du manioc. Une seule personne ne peut pas tout épuiser », soutient-elle. Elle estime qu’un accompagnement accru de l’État pourrait favoriser l’emploi des jeunes dans cette filière.
Son engagement est reconnu par plusieurs distinctions, dont celle de Chevalier de l’Ordre du Mérite en 2016 et une reconnaissance régionale en 2023. Sa coopérative située à Dédougou vise une certification à l’horizon 2030 afin de renforcer ses activités et d’élargir ses opportunités.
Annick HIEN/MoussoNews



