Lutte contre les VBG : L’ADEP appelle les populations à briser le silence et à dénoncer

Face à la persistance des Violences Basées sur le Genre (VBG), l’Association d’Appui et D’éveil Pugsada (ADEP), en partenariat avec l’Organisation Internationale de Droit du Développement (IDLO), a réuni à Ouagadougou une cinquantaine de participants autour d’une conférence publique. Leaders religieux, chefs coutumiers, représentants de la société civile, hommes et femmes ont été sensibilisés sur les mécanismes de prise en charge et l’importance de la dénonciation.
Le silence reste souvent l’un des principaux alliés des violences basées sur le genre. Dans de nombreux foyers, des actes de violences physiques, psychologiques, économiques ou sociales se produisent loin des regards, sans être signalés. C’est pour contribuer à changer cette réalité que l’Association d’Appui et D’éveil Pugsada (ADEP), avec l’appui de IDLO, a organisé une conférence publique à Ouagadougou.

La rencontre a mobilisé une cinquantaine de personnes venues de divers horizons : leaders religieux, autorités coutumières, membres de la société civile, hommes et femmes. L’objectif affiché était clair : informer, sensibiliser et encourager les populations à ne plus taire les violences.

Mieux comprendre les VBG et les recours possibles
Au cours des échanges, les participants ont été entretenus sur la notion même de violences basées sur le genre, souvent mal comprise ou minimisée dans certaines communautés. Les différentes formes de prise en charge disponibles ont également été présentées.

La coordonnatrice de l’ADEP, Absétou Lamizana/Sanfo, a expliqué que de nombreuses victimes subissent des violences sans savoir vers quelles structures se tourner. Selon elle, cette conférence visait justement à éclairer les populations sur les recours existants lorsqu’elles sont confrontées à de telles situations.

Elle a insisté sur la nécessité de dénoncer ces actes, estimant que plusieurs personnes ignorent encore que certains comportements constituent bel et bien des VBG. Elle a aussi exhorté les participants à relayer les informations reçues auprès de leurs proches et dans leurs communautés.
Le conférencier du jour, Abdoul Bassirou Yaméogo, a conduit les échanges de manière participative. Les participant-e-s ont d’abord été interrogés sur leurs connaissances en matière de VBG et de droits humains, avant d’être guidés à travers différentes explications.

Il a rappelé que les victimes ou survivant-e-s de violences peuvent se rendre dans les centres sociaux, notamment les services de l’Action sociale. Il a également cité les ONG spécialisées, la police, la gendarmerie ainsi que la justice comme structures habilitées à accompagner les personnes concernées.
Pour lui, la dénonciation demeure essentielle afin de mettre fin à l’impunité et d’assurer une meilleure protection des victimes.
Des participant-e-s sensibilisé-e-s et engagé-e-s
La rencontre a suscité l’intérêt de plusieurs participant-e-s.
Représentant le Zongo Naaba, le Zongo Song Naaba Siguiri a salué l’importance d’une telle initiative. Il a souligné que certains actes commis dans les foyers sont contraires à la dignité humaine, mais continuent faute d’information ou de réaction.

Selon lui, ces échanges permettent d’ouvrir les consciences et de rappeler que chaque être humain mérite de vivre libre, sans oppression ni violence.
Parmi les participant-e-s figurait également Monique Konkobo. Elle confie repartir mieux informée sur les violences que peuvent subir aussi bien les femmes que les hommes au sein des ménages.

Cette sensibilisation, dit-elle, lui permet désormais de porter un autre regard sur certaines situations et de savoir qu’il existe des structures capables d’apporter aide et assistance.
Cette conférence publique s’inscrit dans une série d’actions menées par l’ADEP autour des VBG et des droits humains. Le 14 avril 2026 déjà, la population de la commune de Tanghin-Dassouri avait bénéficié de cette formation.
À travers ces initiatives, l’association entend renforcer la prévention, favoriser la libération de la parole et rapprocher les mécanismes de protection des citoyen-e-s.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews



