« C’était très difficile de gérer plus de 200 acteurs avec des programmes différents », Oumar Démé

Montée en seulement 3 mois, mobilisant 210 acteurs dont 90 danseurs et 20 femmes, la chorégraphie d’ouverture de la Semaine nationale de la Culture (SNC) 2026, baptisée “Yielé” (lumière), a illuminé la scène durant près de 40 minutes. Derrière cette création d’envergure, le chorégraphe Oumar Démé a dû faire face à un défi majeur : coordonner une équipe aussi vaste dans un contexte marqué par de multiples contraintes.

Pensée comme une réponse à l’insécurité et à la perte des valeurs ancestrales, la thématique de la chorégraphie officielle baptisée “Yielé” ambitionne de replacer la culture au cœur du vivre-ensemble.
Pour Oumar Démé, il s’agit d’en faire un véritable moteur de cohésion sociale et d’intégration.
À en croire Oumar, la création de “Yielé” s’est construite progressivement. D’abord, un travail de recadrage artistique, puis l’organisation de castings réunissant musiciens, danseurs, chorégraphes et acrobates. S’en est suivie une phase de recherche en petits groupes, avant la transmission aux ensembles retenus. Enfin, la phase de création a permis d’aboutir aux répétitions générales, à la scénographie et à la conception des costumes.
« C’est plusieurs étapes, mais tout ça s’est déroulé en 3 mois », rappelle le chorégraphe.

Un défi humain et organisationnel de taille
Le plus grand obstacle reste la gestion des ressources humaines. « C’est très difficile de gérer plus de 200 personnes avec des programmes différents », explique Oumar Démé. Entre artistes engagés ailleurs, participants en compétition pour la SNC, voyages, décès et cas de force majeure, la coordination a parfois été mise à rude épreuve. « Il y a eu des moments où on n’a rien fait », confie-t-il, illustrant les contraintes rencontrées tout au long du processus.
Face à ces difficultés, l’équipe a misé sur l’organisation, la communication et surtout la mobilisation. « Ça ne se limite pas au travail artistique. Il faut réussir à garder tout le monde concentré, dans la même direction », insiste le chorégraphe. Même si le délai était légèrement plus long que lors de la précédente édition, les multiples engagements des artistes ont compliqué le calendrier. Mais la persévérance collective a permis d’aboutir.

Au-delà de la performance, “Yielé” porte un message d’espoir et d’unité. « Je veux que les gens retiennent l’amour de notre culture, de notre pays. Nous pouvons tous contribuer à bâtir un Burkina nouveau », lance Oumar Démé.
Annick HIEN/MoussoNews



