Bissap, tamarrin, teodo, gingimbre, petit mil en grumeau : Roseline réinvente les jus locaux

Roseline Ouédraogo participe à la foire artisanale de la SNC 2026 avec un concept encore peu connu du grand public : des jus locaux… en grumeaux. Étudiante en Lettres Modernes, elle souhaite faire connaitre ses différents produits à cet événement d’envergure.

Du bissap, du tamarin, du pain de singe…. Ce sont autant de produits que Roseline transforme en grumeau.
Sur son stand à la SNC, Roseline présente fièrement ses produits : du bissap, du pain de singe, du gingembre ou encore du zomkom, tous transformés en petites boules solides. « Tu mets un peu d’eau seulement, ça devient du jus et tu consommes », explique-t-elle avec enthousiasme.
Une innovation née d’un déclic
Avant de se lancer dans la transformation agroalimentaire, Roseline évoluait dans le commerce international. « J’exportais des produits vers le Togo », souligne-t-elle. Au fil du temps, elle decide de s’orineter dans la valorisation des produits locaux.
Après une courte formation, elle décide de se lancer. Pourtant diplômée en Lettres Modernes, elle choisit de suivre sa curiosité et son envie de découverte. « J’aime explorer, découvrir et surtout valoriser ce que nous avons ici », dit-elle.
Revenue au Burkina Faso après un séjour à l’étranger, elle réalise un manque. « Quand on est hors du pays, on ne nous montre pas assez les richesses qu’il y a ici. Moi, je veux prouver le contraire », a-t-souligné.
Des produits pratiques et accessibles
Aujourd’hui, le catalogue de Roseline s’élargit. Grumeaux précuits de bissap, de tamarin, de pain de singe, de petit mil, mais aussi farine de manioc….
Sa particularité c’est de transformer des boissons traditionnellement liquides en formats solides, faciles à conserver et à transporter.« Quand tu as envie de boire bissap, teodo ou autres, tu n’as pas besoin de faire bouillir les feuilles ou autres. Il te suffit seulement de mettre les grumeaux dans l’eau et le tour est joué », explique-t-elle.
Malgré son ingéniosité, Roseline fait face à des obstacles. « C’est encore précaire. J’ai besoin de moyens pour améliorer le conditionnement, faire des étiquettes et mieux valoriser mes produits », reconnaît-elle. Comme beaucoup d’entrepreneurs du secteur informel, elle évolue entre production à domicile et ventes sur les marchés, avec des ressources limitées.

La SNC, une vitrine d’espoir
Sa participation à la SNC marque une étape importante. Pour elle, c’est une opportunité de visibilité et de reconnaissance. « Je veux faire connaître mes produits et montrer leur valeur », affirme-t-elle. Bien qu’elle rencontre quelques difficultés d’accès au site tôt le matin, l’expérience reste positive selon elle. Au-delà de son propre succès, Roseline voit plus loin.
Son projet est de créer une véritable entreprise de transformation agroalimentaire et former d’autres femmes et jeunes filles.
Annick HIEN/MoussoNews



