Métier d’assistant de direction : Les futurs professionnels invités à apprivoiser l’intelligence artificielle

Étudiants, professionnels et anciens de la filière Assistance de Direction Bilingue et Comptable de l’Institut Burkinabè des Arts et Métiers (IBAM) se sont retrouvés, le samedi 20 juin 2026 à Ouagadougou, à l’occasion de la 2e Journée de l’Assistant de Direction. Placée sous le thème de l’intelligence artificielle, la rencontre a permis d’échanger sur les compétences à développer et les adaptations nécessaires pour exercer efficacement le métier dans un environnement professionnel en pleine mutation.

Valoriser le métier d’assistant de direction et renforcer la fierté d’appartenance à cette profession. Tels sont les objectifs poursuivis à travers cette journée initiée par le Club des étudiants en Assistance de Direction Bilingue et Comptable de l’IBAM.

2e Journée de l’Assistant de Direction

Selon la Présidente du club, Habibou Assiatou Ouédraogo, cette activité répond à un constat récurrent : la méconnaissance et parfois la dévalorisation du métier d’assistant de direction.

« Nous voulions redorer l’image de la filière et du métier également, et outiller les participants à travers des formations et des conférences », a-t-elle expliqué.

Présidente du club, Habibou Assiatou Ouédraogo

Elle a rappelé que le club regroupe les étudiants de la Licence 1 à la Licence 3 de la filière Assistance de Direction Bilingue et Comptable et œuvre notamment à promouvoir la cohésion entre les étudiants, faciliter leur insertion professionnelle à travers des offres de stage et organiser des activités récréatives.

La présidente du club a également tenu à distinguer le métier d’assistant de direction de celui de secrétaire. Selon elle, l’assistant de direction assure des tâches plus techniques et stratégiques et dispose généralement d’un niveau de qualification plus élevé.

Cette 2e édition a mis l’accent sur les mutations induites par l’intelligence artificielle dans le monde professionnel. « Avec l’évolution du monde numérique et l’apparition de l’IA, l’assistante de direction doit être flexible, apprendre à s’adapter, à innover avec les outils numériques et à performer également », a souligné Ouedraogo Habibou Assiatou.

Des compétences techniques et humaines à développer

Au cours de la journée, une mini-conférence animée par des professionnels du métier a permis aux participants de mieux comprendre les exigences actuelles de la profession.

Une mini conférence sur le métier de l’Assistant de Direction

Ancienne présidente du club et aujourd’hui Corporate Administrative Assistant dans une multinationale d’hydrocarbures, faisant partie des conférenciers, Fatimata Cissé a partagé son expérience avec les étudiants.

Pour elle, un bon assistant de direction doit avant tout être organisé, flexible, fiable et disposer d’excellentes capacités de communication et d’adaptation. « Un.e assistant.e de Direction doit être en mesure de gérer plusieurs activités à la fois sans qu’aucune n’empiète sur l’autre », a-t-elle indiqué.

Ancienne présidente du club et aujourd’hui Corporate Administrative Assistant dans une multinationale d’hydrocarbures, faisant partie des conférenciers, Fatimata Cissé a partagé son expérience avec les étudiants

Abordant les compétences à développer, elle les a réparties en deux catégories : les compétences techniques et les compétences humaines.

Sur le plan technique, elle a insisté sur la maîtrise des outils professionnels tels que Word, Excel, Outlook ainsi que les outils d’intelligence artificielle. Quant aux compétences humaines, elle a cité la discrétion, la confidentialité, la fiabilité, la capacité d’adaptation et l’esprit d’initiative.

Selon elle, l’assistant de direction doit également être capable de se réinventer, de rechercher continuellement de nouvelles connaissances et d’être une véritable force de proposition au sein de son organisation.

Lire aussi: Littérature  : Solange Evelyne Zongo/Kaboré valorise le métier de secrétaire à travers deux ouvrages pratiques – Mousso News

L’intelligence artificielle, une nécessité selon les professionnels

Doyenne du domaine de l’Assistance de Direction, Solange Évelyne Zongo, actuellement Assistante administrative à CIF Assurances Vie et forte de 25 années d’expérience, elle a marqué sa présence à cette journée, afin de partager son expérience avec les étudiants.

Passionnée par l’intelligence artificielle, elle estime que cette technologie n’est plus une option pour les professionnels, mais une obligation. « L’intelligence artificielle, ce n’est pas une option. C’est une obligation. Si on ne s’y met pas, on sera mis à l’écart », a-t-elle affirmé devant les étudiants.

Doyenne du domaine de l’Assistance de Direction, Solange Évelyne Zongo, actuellement Assistante administrative à CIF Assurances Vie et forte de 25 années d’expérience

Selon elle, le métier évolue progressivement vers des fonctions plus stratégiques. Les tâches d’exécution telles que la gestion du courrier, la rédaction de lettres ou l’organisation de certaines activités peuvent désormais être réalisées par des outils d’intelligence artificielle. « Tout ce qu’un assistant de Direction fait, aujourd’hui, l’IA le fait rapidement. Mais en utilisant l’IA, tu pourras être efficace et tu as du temps pour assister le directeur, pour être plus stratégique. Je les encourage à opter l’IA sinon l’IA va voler leur métier. Ils vont disparaitre », a-t-elle expliqué.

Des étudiants participant à la journée de ‘l’assistant de Direction

Elle a également insisté sur la nécessité pour les futurs professionnels de développer leur polyvalence et d’investir dans la formation continue. Pour cette professionnelle, le respect et la valorisation dont bénéficie un assistant de direction dépendent également de sa maîtrise du métier et de son comportement au sein de son environnement professionnel. Elle invite les jeunes « à se vendre cher en entreprise » et ne pas se contenter à faire des commérages, se limiter à faire des photocopies…

Les étudiants ont salué l’initiative. Ancienne étudiante et membre du Club, participant à cette journée, Madina Imrana Gnankambary a félicité les organisateurs pour le travail accompli. « Cette journée me rappelle beaucoup de souvenirs et m’aide également à apprendre davantage de cette fonction à travers les aînés qui sont ici présents et qui partagent leur expérience », a-t-elle confié.

Madina Imrana Gnankambary, Ancienne étudiante et membre du Club, participant à cette journée

Déjà professionnelle du domaine, elle estime que ces cadres d’échanges restent utiles, quel que soit le niveau d’expérience. Car selon elle, «  On ne finit jamais d’apprendre ».

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


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