Guinée équatoriale : Malabo dénonce la vente aux enchères de son siège diplomatique à Paris et menace de rompre avec la France

Après le Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques avec la France, c’est au tour de la Guinée équatoriale de hausser le ton. En effet, le gouvernement de la Guinée équatoriale rejette la mise en vente aux enchères de l’immeuble abritant sa mission diplomatique à Paris. Jugeant cette procédure contraire au droit international, Malabo évoque des mesures de réciprocité pouvant aller jusqu’à une rupture des relations diplomatiques avec la France.

Le gouvernement a dénoncé la décision de mettre aux enchères l’immeuble situé aux 40 et 42 avenue Foch, à Paris, qui abrite sa mission diplomatique, estimant que cette procédure est « illégale » et contraire au droit international.

Dans un communiqué relayé le 27 juin 2026 par la presse, les autorités équato-guinéennes ont qualifié cette vente d’« acte unilatéral, hostile et incompatible avec le respect qui doit prévaloir entre États souverains ». Elles affirment ne reconnaître « ni le fondement ni les effets de cette prétendue vente », rappelant que les relations diplomatiques doivent reposer sur le respect mutuel, la réciprocité et le droit international.

Le vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue, ancien propriétaire de l’immeuble, a également dénoncé une décision qu’il juge incompatible avec les principes qui régissent les relations entre États souverains.

Face à cette situation, le gouvernement de Malabo met en garde contre d’éventuelles mesures de réciprocité si le fonctionnement de sa mission diplomatique à Paris venait à être affecté. Selon le communiqué officiel, une « application stricte du principe de réciprocité » pourrait conduire à la récupération de l’immeuble utilisé par la mission diplomatique française à Malabo ainsi qu’à l’expulsion des diplomates français qui y sont installés.

Cette position a été réaffirmée par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, qui a évoqué des réponses proportionnées, incluant l’expulsion des diplomates français de Guinée équatoriale.

Les autorités n’écartent pas non plus une révision complète des relations diplomatiques avec la France, voire une rupture de celles-ci si la vente est effectivement menée à son terme. Elles assurent se réserver le droit de prendre « toutes les mesures souveraines qui s’imposent ».

L’immeuble, estimé à une centaine de millions d’euros, avait été confisqué par la justice française dans le cadre de l’affaire dite des « biens mal acquis ». Son ancien propriétaire, Teodoro Nguema Obiang Mangue, avait été condamné en France pour corruption et blanchiment d’argent.

Lire aussi: https://www.moussonews.com/le-burkina-faso-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france-a-compter-de-ce-jour-26-juin-2026/

L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) a indiqué que le bâtiment serait vendu par lots lors de ventes aux enchères. Conformément à la législation française, les fonds issus de cette vente doivent être restitués à la population équato-guinéenne.

Source : France infos

Diane SAWADOGO / MoussoNews


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