« On ne vient pas dans le journalisme pour chercher de l’argent », Asmahou Dao
Mariée et mère de 3 enfants, Asmahou Aminatou Dao, née Kaboré, s’est imposée au fil des années comme une figure reconnue du paysage médiatique burkinabè. Journaliste de terrain, présentatrice, éditorialiste, chroniqueuse et aujourd’hui responsable qualité à la télévision C360, elle incarne un parcours construit sur la passion, la rigueur et la recherche constante de l’excellence.
Après l’obtention de son BEPC, Asmahou Aminatou Dao s’oriente vers une formation professionnelle en communication administrative et secrétariat (BEP CAS), avant de poursuivre avec un baccalauréat professionnel en bureautique. Déterminée à intégrer le monde des médias, elle obtient ensuite son baccalauréat en candidate libre, puis réussit le concours d’entrée au département Communication et Journalisme de l’Université de Ouagadougou, aujourd’hui Université Joseph Ki-Zerbo.
Au terme de 4 années de formation, elle décroche une maîtrise en journalisme (Bac+4), avec une spécialisation en journalisme. Une formation académique qui viendra renforcer les compétences acquises sur le terrain.
10 années d’expérience à Oméga Médias
C’est en 2014 qu’elle rejoint Oméga Médias pour un stage de trois mois. Les débuts sont difficiles. Pendant près d’une année, elle travaille sans rémunération, portée uniquement par sa passion du métier. « Ce n’était pas tellement reluisant. À la maison, on peinait à tenir. Mais la passion nous animait », confie-t-elle.
Cette persévérance lui permet de bâtir une solide carrière. Pendant près de dix ans, elle exerce aussi bien à la radio, au web qu’à la télévision. Elle anime notamment l’émission « Ça nous concerne », réalise de grands reportages, présente la revue de presse en français et en mooré, et multiplie les productions de terrain.
Cette polyvalence lui permet d’acquérir une parfaite maîtrise des différents formats journalistiques.
Une nouvelle étape à C360
Après son passage à Oméga, Asmahou Aminatou Dao rejoint C360 où elle participe au lancement de la chaîne en présentant son tout premier journal télévisé. Aujourd’hui, elle cumule plusieurs responsabilités. Responsable qualité, elle veille quotidiennement au respect des standards éditoriaux de la rédaction.
Elle est également chroniqueuse, éditorialiste, grand reporter, présentatrice et journaliste reporter d’images (JRI). Son évolution au sein de la chaîne s’est faite progressivement : d’abord présentatrice des journaux télévisés, elle commence ensuite à signer les chroniques hebdomadaires avant d’assurer, chaque lundi, la présentation de l’éditorial de la chaîne.
La qualité comme ligne directrice
Pour cette professionnelle des médias, la crédibilité d’un média repose avant tout sur une ligne éditoriale clairement définie et respectée par tous.
Selon elle, chaque journaliste doit connaître les valeurs éditoriales de son média avant même son recrutement. Une fois intégré, il est essentiel de les appliquer dans toutes les étapes de production : recherche de l’information, traitement des faits, rédaction et diffusion.
À C360, explique-t-elle, des fiches éditoriales sont systématiquement renseignées avant les journaux télévisés et les émissions afin de s’assurer que les sujets traités restent conformes à la ligne éditoriale de la chaîne. « Ce n’est pas de l’autocensure, mais un moyen de garantir la cohérence et la crédibilité des contenus diffusés », précise-t-elle.
Produire une information utile et responsable
Pour Asmahou Aminatou Dao, un contenu journalistique de qualité doit être clair, bref, précis et vérifié. Il doit répondre aux exigences professionnelles tout en servant l’intérêt général. Elle rappelle également l’importance de la déontologie et de l’éthique dans le traitement de l’information. « Les faits sont sacrés. Le commentaire est libre », résume-t-elle.
Le journaliste, estime-t-elle, doit mesurer les conséquences de chaque publication afin d’éviter les contenus susceptibles de fragiliser la cohésion sociale.
Une expérience de terrain au service de la qualité
Son importante expérience comme journaliste de terrain constitue aujourd’hui un véritable atout dans ses fonctions de responsable qualité.
Habituée au reportage, à la présentation des journaux télévisés et à la production multimédia, elle affirme pouvoir rapidement identifier les forces et les insuffisances d’un contenu, qu’il s’agisse de l’écriture, du choix des images, de la qualité sonore ou de la construction éditoriale. Cette expertise lui permet d’accompagner les équipes dans l’amélioration continue des productions de la chaîne.
Adapter les médias aux nouveaux usages
Face à l’essor des réseaux sociaux, elle estime que les médias traditionnels n’ont d’autre choix que de s’adapter. Pour elle, télévision, radio, web et réseaux sociaux sont désormais complémentaires. Les contenus diffusés à l’antenne doivent également être accessibles sur les plateformes numériques afin de répondre aux nouvelles habitudes de consommation de l’information.
Elle insiste également sur la nécessité de produire des formats plus courts, adaptés aux usages numériques et à la consommation mobile.
Une journaliste récompensée
En 2024, Asmahou Aminatou Dao reçoit le Premier Prix Télévision du Prix du Journalisme sur la Paix et la Cohésion Sociale, décerné par la Conférence Épiscopale Burkina-Niger à travers le Sahel Peace Initiative.
Au cours de sa carrière, elle a également obtenu plusieurs distinctions internes à Oméga Médias, où elle a été reconnue à plusieurs reprises parmi les meilleurs journalistes de la rédaction.
Elle a aussi suivi plusieurs formations professionnelles, notamment un stage d’aguerrissement organisé par la Gendarmerie Nationale ainsi que diverses formations spécialisées en journalisme.
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Une passion qui dépasse le métier
En dehors des rédactions, Asmahou Aminatou Dao consacre une partie de son temps à l’élevage de volailles et à la transformation de l’arachide, qu’elle commercialise.
Des activités qu’elle mène malgré un quotidien rythmé par les exigences du métier, convaincue que le journalisme ne connaît ni week-end ni jours fériés.
À ceux qui souhaitent embrasser cette profession, Asmahou Aminatou DAO adresse ce message : le journalisme est avant tout une vocation. « On ne vient pas dans le journalisme pour chercher de l’argent », prévient-elle.
Selon elle, seule la passion permet de traverser les difficultés du métier, de progresser et de construire une carrière durable. « La passion vous permettra de déplacer des montagnes », affirme-t-elle.
Pour la journaliste accomplie, le véritable succès réside dans le travail bien fait, la crédibilité acquise auprès du public et la capacité à produire une information utile, responsable et de qualité.
Annick HIEN/MoussoNews
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