Ouagadougou : Le gingembre se fait rare, les prix s’envolent

Trouver du gingembre frais à Ouagadougou est devenu un véritable parcours du combattant. Depuis plusieurs semaines, il se fait de plus en plus rare sur les étals des marchés. Et lorsqu’il est disponible, son prix a fortement augmenté, au grand désarroi des consommateurs.

« Ça manque. Et quand on en trouve, c’est vraiment cher. Souvent, il n’y a que deux ou trois petites tiges dans un sachet vendu entre 500 et 1 000 FCFA, selon la taille », témoigne une cliente rencontrée après plusieurs recherches infructueuses.

Dans plusieurs marchés de la capitale, les vendeuses confirment cette pénurie. Certaines affirment avoir du mal à s’approvisionner, tandis que d’autres renoncent temporairement à vendre le produit en raison de son coût élevé.

Bintou (nom d’emprunt), commerçante spécialisée dans la vente de gingembre depuis plusieurs années, dit n’avoir jamais connu une telle situation. « Je vends du gingembre depuis des dizaines d’années, mais c’est la première fois que je vois une rupture pareille. En ce moment, il n’y en a pratiquement pas. Celui qu’on trouve vient d’ailleurs et il est presque inachetable. Dans un sachet vendu à 500 ou 1 000 FCFA, il n’y a que quelques petits morceaux », indique t-elle.

Pour les revendeuses, cette flambée des prix réduit les marges bénéficiaires et décourage une partie de la clientèle, habituée à acheter le gingembre frais en quantité.

Gingimbre séché.

Le gingembre séché ou en poudre, une solution de remplacement

Face à cette pénurie, de nombreux consommateurs se tournent vers une autre option : le gingembre séché. Bien qu’il ne remplace pas totalement le produit frais, il permet de répondre à certains besoins culinaires ou médicinaux. « Ma mère et moi avons cherché du gingembre frais la semaine dernière sans succès. Nous avons finalement acheté du gingembre séché. On nous a expliqué qu’il venait du Maroc. Il est plus abordable, même s’il n’a pas la même forme ni les mêmes habitudes d’utilisation que le gingembre frais que nous connaissons », raconte une consommatrice.

Gingimbre en poudre.

Une autre consommatrice témoigne utiliser celui en poudre comme alternative. Pour ses thés et autres, elle utilise le gingembre en poudre. « Ceux qui sont là actuellement sont très cher alors j’utilise celui en poudre. Ça se vend 150 le petit sachet. Et comme c’est juste pour le thé, je fais avec. J’en achète juste un peu », a-t-elle souligné.

La pénurie n’affecte pas seulement les ménages. Les vendeuses de jus de gingembre communément appelé « gnamakou », dont l’activité dépend directement de cette matière première, redoutent également les conséquences de cette situation.L’une d’elles explique que le gingembre est indispensable à sa production quotidienne.

Avec la hausse des prix et les difficultés d’approvisionnement, elle craint de devoir augmenter le prix de ses boissons ou réduire les quantités produites. « Si le gingembre continue de manquer, nous serons obligées d’augmenter nos prix. Or, les clients aussi ont leurs limites. Nous avons peur que cela fasse baisser nos ventes », s’inquiète, Nouroudine, une vendeuse de jus local.

Comme elle, plusieurs transformatrices disent espérer un retour rapide à la normale afin de préserver leur activité et leurs revenus.

Annick HIEN/MoussoNews


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