Du SOPK au SOMP une prise de conscience majeure dans le monde médical.
Le 12 Mai 2026 a marqué l’histoire de la médecine moderne par un changement majeur. En effet le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est désormais appelé le syndrome ovarien polyendocrienien (SOMP). Il s’agit d’un consensus mondial, soutenu par 56 sociétés savantes, a été annoncée lors du Congrès européen d’endocrinologie à Prague et publiée simultanément dans la revue médicale The Lancet. Connue comme étant l’une des principales des causes d’infertilité féminine dans le monde, le diagnostic de SOPK était posé se basant sur les critères de ROTTERDAM qui étaient les suivants :
- Règles irrégulières ou absentes :
- Hyperandrogénie : présence d’acné persistante, de pilosité excessive (hirsutisme) ou de chute de cheveux (alopécie) et ou un bilan hormonal révélant un taux trop élevé de testostérone ou d’autres hormones mâles dans le sang.
- Ovaires « polykystiques » à l’échographie : la présence d’un grand nombre de follicules immatures dans les ovaires, souvent plus de 20 par ovaire ou un volume ovarien augmenté
Si une patiente avait au moins deux critères sur les trois précédemment cités, on pouvait dire qu’elle a un SOPK, et le traitement dépendait de si la femme voulait un enfant ou non.
Le souci avec cette approche est qu’elle prêtait à confusion. Elle laissait croire que le SOPK est une pathologie liée à la présence de nombreux kyste dans l’ovaire. Cette approche masquait la réalité de cette pathologie car beaucoup de cas étaient sous diagnostiqués et la prise en charge n’était pas toujours optimale. Cette nouvelle dénomination met un doigt sur la réalité même de ce syndrome facilitant ainsi le diagnostic et la prise en charge.
Le syndrome est désormais traité comme une affection systémique. Les médecins ne surveillent plus seulement les règles, mais recherchent activement l’insulinorésistance, le risque de diabète de type 2 et les complications cardiovasculaires. Les manifestations cliniques du SMOP entrent dans le cadre d’un syndrome touchant l’ensemble du corps et les manifestations ovariennes ne sont qu’une partie des symptômes possibles. Pour poser le diagnostic il est recommandé en plus des critères de ROTTERDAM qui peuvent orienter le diagnostic, de faire le dosage de la testostérone et surtout de l’hormone anti Mullerienne.
Apres cette mise à jour, les sociétés savantes feront plus des recommandations sur les nouvelles recommandations de prise en charge. Pour l’instant nous recommandons aux femmes de lutter contre le surpoids et l’obésité car c’est un facteur majeur d’insulino résistance et donc de SOMP. En effet, L’insulino-résistance touche 50 à 70 % des femmes atteintes de SOMP, car elle aggrave la production d’hormones mâles (androgènes) par les ovaires, bloque l’ovulation, et favorise la prise de poids et le risque de diabète de type 2. Une alimentation à index glycémique bas et une activité physique régulière sont donc des éléments importants dans la prévention primaire de l’insulino résistance et donc du SMOP.
Prenez soin de vous.
Dr NGOUFACK KENGNE Dorian Valdo
Gynécologue obstétricien, ancien des hôpitaux du Burkina Faso
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