Enfants en conflit avec la loi : 25 journalistes renforcent leurs capacités pour un traitement médiatique responsable

25 professionnels des médias ont pris part, le 29 juillet 2026 à Ouagadougou, à un atelier de renforcement des capacités sur la protection des enfants en conflit avec la loi. Organisée par l’Association LYDIE dans le cadre du projet « Environnement Protecteur, Enfant en Sécurité (EPES) », cette activité bénéficie de l’appui technique et financier d’ERIKS Development Partner.

L’objectif est d’amener les journalistes à mieux maîtriser les principes de protection de l’enfant et à promouvoir un traitement médiatique respectueux des droits des mineurs.
Le représentant d’ERIKS Development Partner a salué l’engagement de l’Association LYDIE, partenaire de mise en œuvre du projet au Burkina Faso, ainsi que celui des services techniques de l’État qui œuvrent quotidiennement à la promotion et à la protection des droits de l’enfant, notamment des enfants en conflit avec la loi.

Il a rappelé que la manière dont une société traite ses enfants est révélatrice des valeurs qu’elle porte et de l’avenir qu’elle construit . Selon lui, derrière chaque enfant en conflit avec la loi se cache souvent un parcours marqué par des difficultés familiales, sociales ou économiques, mais aussi par de réelles possibilités de changement, de reconstruction et de réinsertion.
Pour le partenaire, les médias occupent une place essentielle dans cette dynamique. En informant, en sensibilisant et en influençant les perceptions, ils contribuent à façonner l’opinion publique et à bâtir une société plus juste et plus inclusive. « Lorsque l’information est produite avec professionnalisme, responsabilité et dans le respect des droits de l’enfant, elle devient un puissant levier de protection et de changement social », a souligné le représentant d’ERIKS Development Partner.
Il a insisté sur le fait que la protection de l’enfant est une responsabilité collective qui ne relève pas uniquement des acteurs de la justice ou des organisations de la société civile. Elle implique également les communautés, les familles, les décideurs et les médias, appelés à produire davantage de contenus favorisant la compréhension des réalités vécues par ces enfants, la réduction des préjugés et la promotion de leur réinsertion.

Le coordonnateur de l’Association LYDIE, Namoyana Yempagou, a, pour sa part, exprimé sa reconnaissance à ERIKS Development Partner pour son accompagnement constant. Il a salué un partenariat demeuré solide malgré un contexte marqué par la raréfaction des partenaires techniques et financiers, estimant que ce soutien contribue au renforcement des actions en faveur des enfants au Burkina.
Représentant du Secrétaire général du ministère de la Justice, lu par la Directrice de la Justice juvénile, Adélaïde Paré, a rappelé que les enfants en conflit avec la loi demeurent avant tout des enfants bénéficiant de l’ensemble des droits garantis par les textes nationaux, régionaux et internationaux. Elle a souligné que leur prise en charge doit privilégier la protection, l’éducation et la réinsertion plutôt qu’une approche exclusivement répressive.

Elle a également invité les journalistes à mieux s’approprier le cadre juridique de protection de l’enfant afin de produire des contenus respectueux de la dignité des mineurs et susceptibles de contribuer à la prévention de la délinquance juvénile. Les communications ont été animées par Sere Safanikatiê, inspecteur de sécurité pénitentiaire, chef de cabinet du Directeur général de l’administration pénitentiaire et enseignant vacataire. Il a présenté les principales infractions impliquant des mineurs, notamment les vols, les cambriolages, les violences liées à la consommation de stupéfiants, la cybercriminalité et les trafics de drogues.
Le formateur a attiré l’attention sur l’émergence d’un phénomène : l’augmentation du nombre d’enfants déplacés internes se retrouvant en conflit avec la loi. Selon lui, cette situation est particulièrement observée dans les régions de Kaya, Fada N’Gourma et Ouahigouya, où la vulnérabilité liée au déplacement favorise le passage à l’acte. Il a également insisté sur la responsabilité des familles dans la prévention de la délinquance, notamment face à la consommation de stupéfiants chez les jeunes.
Au cours des échanges, Adélaïde Paré a exhorté les professionnels des médias à mettre davantage en avant les initiatives de réinsertion socioprofessionnelle des enfants en conflit avec la loi. Elle a estimé que les productions médiatiques peuvent contribuer à changer le regard de la société et faciliter leur réintégration après un passage dans un centre de réinsertion ou un établissement pénitentiaire.
Elle a rappelé qu’un enfant est considéré en conflit avec la loi lorsqu’il est auteur, coauteur ou complice d’une infraction prévue et punie par la loi. Selon elle, une meilleure connaissance du cadre juridique par les journalistes permettra une information plus juste, tout en sensibilisant les populations à leur rôle dans la prévention de la délinquance juvénile.
Les participants ont enfin été invités à produire des contenus médiatiques qui placent davantage l’accent sur les solutions, la prévention et la réinsertion, afin de contribuer durablement à la protection des enfants les plus vulnérables au Burkina Faso.
Annick HIEN/MoussoNews
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