A Bobo-Dioulasso, Ousmane Séré initie des enfants à la fabrication de grillage

Ils ont 5 ans, 10 ans ou encore 20 ans. Pendant les vacances, ils apprennent à fabriquer du grillage de protection auprès d’Ousmane Séré, surnommé « Vieux ». Du lundi au samedi, les apprenants se retrouvent dans son atelier installé dans le quartier Sarfalao, à Bobo-Dioulasso. L’argent gagné grâce à la vente des grillages est partagé entre eux. Certains utilisent leur part pour acheter leurs fournitures scolaires ou aider leurs parents à payer les frais liés à leur scolarité.
Ridwan a 6 ans et rêve de devenir policier. Élève au CP1, il doit passer en classe supérieure à la rentrée scolaire 2026-2027. Pendant les vacances, il passe une partie de son temps à apprendre la fabrication du grillage. « J’apprends le tissage de grillage », dit-il fièrement. Avec le sourire, il essaie d’expliquer les différentes étapes du travail. « Tonton nous donne les fils et nous apprend comment tisser. Ensuite, on attache avec le fil de fer », détaille-t-il.
À côté de lui, Lookman, 9 ans, est en classe de CP2. Sa mère l’a confié à Ousmane Séré pour qu’il puisse apprendre un métier pendant les vacances. « J’ai commencé pendant les vacances de 2025. J’ai pu travailler et aider ma maman à payer mes fournitures », raconte-t-il en souriant. Comme Ridwan, Lookman rêve lui aussi de devenir policier.
Un atelier à ciel ouvert
L’atelier d’apprentissage d’Ousmane Séré est installé en plein air. Près de la route goudronnée, les fils sont étalés à même le sol. Chaque apprenant prend les fils dont il a besoin et commence le tissage. Une fois le tissage terminé, la pièce est remise à l’un des plus grands apprenants. Celui-ci ajoute les fils de fer nécessaires pour donner au grillage sa forme courbée. Le produit terminé est ensuite exposé au bord de la route pour être vendu.

Selon la taille, un grillage coûte entre 3 000 et 4 000 francs CFA. « Les plus petits sont à 3 000 F et les plus grands à 4 000 F, avec la possibilité de rabais », indique Ousmane. Il explique aussi que pendant la saison des pluies, les ventes marchent généralement mieux.
Depuis cinq ans, Ousmane Séré consacre une partie de son temps à la formation des enfants pendant les vacances. Il dit également avoir formé des personnes qui vivaient de la mendicité. « J’ai, par exemple, aidé beaucoup de mendiants à abandonner la mendicité pour se consacrer à ce métier », témoigne-t-il.
Un centre de formation, le rêve d’Ousmane Séré
Le grand rêve d’Ousmane Séré est d’avoir un centre de formation. En situation de handicap moteur, il affirme connaître près de dix métiers manuels, parmi lesquels l’électricité, l’électronique, la mécanique ainsi que la réparation de téléphones et d’accessoires. « Le handicap n’a jamais été un frein pour moi », affirme-t-il avec conviction.
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Assis sur une chaise, il montre à ses apprenants les gestes à faire. « Je reste assis et je montre ce qu’ils doivent faire. Je ne peux pas me tenir debout », explique-t-il en montrant ses pieds. Ousmane ne se limite pas à leur apprendre un métier. Il dit aussi s’occuper de ces enfants comme des siens. « On mange ensemble quand il y a à manger. Quand ils sont malades, je les amène en consultation », témoigne-t-il.
Il reconnaît cependant que la manipulation du fil de fer comporte des risques pour les enfants. C’est aussi pour cette raison qu’il souhaite disposer d’un véritable centre de formation. Dans un espace mieux aménagé, il espère pouvoir donner aux apprenants du matériel de protection adapté.

En attendant de voir ce rêve se réaliser, Ousmane se dit fier du travail accompli et des progrès de ses apprenants. « Je voudrais leur donner plus que ce que je donne. Mais avoir 250, 500 ou 1 000 F par jour est déjà un début. Et quand je reçois des témoignages de leurs parents, en plus de leur reconnaissance, je suis comblé. Beaucoup ont pu aider leurs parents avec les économies qu’ils ont faites grâce à la fabrication de grillage de protection », reconnaît-il.
Pour Ousmane Séré, cet atelier est à la fois un lieu d’apprentissage et une école de la vie. Il estime que la fabrication du grillage est un métier qui mérite d’être mieux connu et valorisé. « Quand tu sais faire quelque chose avec tes dix doigts, tu es épargné de la médiocrité », lance-t-il.
MoussoNews avec Studio Yafa
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