Adama Kaboré enseigne, chante et entreprend malgré le handicap visuel

À l’école, elle enseigne. À la maison, elle s’occupe de sa famille. Sur scène, elle chante. Dans son association, elle fabrique du savon et pratique l’élevage. Adama Kaboré, née Ilboudo, mène plusieurs vies à la fois. Devenue malvoyante à l’âge de sept mois, elle a fait de son handicap non pas une limite, mais une différence avec laquelle elle avance depuis l’enfance.

À l’école, Adama Kaboré /Ilboudo enseigne. À la maison, elle s’occupe de sa famille

Mariée et mère de quatre enfants, Adama Kaboré a eu un parcours scolaire et professionnel riche. Du CEP au BEPC, puis du BAC jusqu’en Licence 2 de sociologie à l’Université Joseph Ki-Zerbo, elle poursuit ses études avant de se tourner vers l’enseignement. C’est ainsi qu’en 2009, elle devient enseignante du primaire auprès d’enfants en situation de handicap visuel et d’enfants valides.

Pour elle, l’enseignement est une passion née notamment de l’influence de ses professeurs. « C’est un métier qui me plaît beaucoup. Donc j’avais dit que quand je serai grande, je vais faire ce métier », indique-t-elle avec un sourire.

Mariée et mère de quatre enfants, Adama Kaboré a eu un parcours scolaire et professionnel riche. Du CEP au BEPC, puis du BAC jusqu’en Licence 2 de sociologie à l’Université Joseph Ki-Zerbo, elle poursuit ses études avant de se tourner vers l’enseignement. C’est ainsi qu’en 2009, elle devient enseignante du primaire auprès d’enfants en situation de handicap visuel et d’enfants valides. Pour elle, l’enseignement est une passion née notamment de l’influence de ses professeurs. « C’est un métier qui me plaît beaucoup. Donc j’avais dit que quand je serai grande, je vais faire ce métier », indique-t-elle avec un sourire.

Adama Kaboré a le soutien de sa famille et de ses proches dans ses multiples activités.

Exercer ce métier avec un handicap visuel représente toutefois un défi. Entre la préparation des cours, le suivi et l’accompagnement des élèves, Adama souligne notamment le manque de matériel pédagogique adapté pour faciliter son travail. Elle continue néanmoins à exercer avec détermination et considère son parcours comme un message adressé à ses élèves.

« Le handicap ne m’empêche pas d’enseigner. Au contraire, mon cas doit encourager les enfants pour qu’ils comprennent bien que le handicap n’est pas une limite, mais plutôt une différence », dit-elle avec conviction. Malgré ces difficultés, Adama entend poursuivre son métier dans de meilleures conditions.

Elle souhaite notamment disposer d’une tablette ou d’un ordinateur adapté, qui lui permettrait de préparer plus facilement ses cours et d’accompagner ses élèves. Son mari et ses enfants constituent également un soutien important dans son parcours professionnel et artistique. Pour eux, Adama est une femme battante, humaniste et sociable, qui a surtout besoin d’être accompagnée dans ses différentes initiatives.

2 fois 100 % au CEP, une enseignante assidue

Également en situation de handicap visuel, Saïdou Kaboré, le mari d’Adama, est animateur braille. Il l’aide dans certaines tâches du quotidien lorsqu’elle est très prise par ses différents engagements. « Moralement, elle a toujours cru en mes encouragements. Je ne lui ai jamais fait de restriction pour ses diverses sorties de concerts ou autres. Elle a toujours mon OK pour ses déplacements. Tout ce que je lui dis, c’est qu’elle doit toujours croire en elle », témoigne-t-il.

Saïdou Kaboré, le mari d’Adama, est animateur braille.

Saïdou Kaboré dit être fier de son épouse, Pour lui, concilier enseignement, vie familiale et musique demande beaucoup d’organisation. « À 17 h, au retour de son école, elle doit d’abord s’occuper de la cuisine, ensuite préparer ses cours et trouver du temps pour ses répétitions musicales. Elle est assidue, car elle a toujours de bons rendements, surtout du côté scolaire. Elle a tenu des classes de CM2 et, à deux reprises, elle a obtenu un taux de réussite de 100 % à l’examen », détaille Saïdou Kaboré.

Ismaël Guiré, l’un des anciens élèves d’Adama.

Ismaël Guiré, l’un des anciens élèves d’Adama, confirme les propos de son mari. « Elle m’a tenu en CM1-CM2. C’était une enseignante dévouée avec des techniques d’enseignement qui permettent à chaque élève de bien comprendre les cours », témoigne l’ancien élève, aujourd’hui étudiant en sociologie à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Enseignante, mais aussi artiste musicienneL’enseignement n’est pas la seule passion d’Adama. Mélomane depuis l’âge de 8 ans, elle découvre très tôt la musique. À cet âge, elle apprend notamment à jouer de la flûte grâce à une religieuse. Aujourd’hui, elle évolue principalement dans le gospel.

À travers la musique religieuse, elle dit vouloir réconforter son public et faire connaître Dieu. « Dieu n’a jamais abandonné ses enfants. Donc par ma musique, j’évangélise aussi », explique-t-elle. Le 30 décembre 2025 reste une date importante dans son parcours artistique. C’est à cette date qu’elle déclare son œuvre musicale au Bureau burkinabè des droits d’auteur (BBDA). Après plusieurs années de travail, elle met sur le marché musical un album de cinq titres intitulé « Jésus est mon choix ». En français et en mooré, les chansons abordent notamment le mariage et l’amour de Dieu.

Des textes à la production, Adama s’investit dans différentes étapes de son travail artistique. En mars 2026, elle lance également un single consacré au Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré aux forces combattantes et au peuple burkinabè. « Nous vivons dans des situations difficiles », justifie l’artiste.

Une famille qui l’accompagne

Noélie Kaboré, l’une des filles d’Adama, s’implique dans les activités de sa mère. Depuis dix ans, la jeune fille l’accompagne notamment dans son parcours musical. « Je la guide et cela n’est pas une honte pour moi. Tout au contraire, je suis fière de la voir se battre tant malgré son handicap. Je lui souhaite beaucoup de courage », confie-t-elle.

Noélie Kaboré, l’une des filles d’Adama.

Son frère Ganib Kaboré partage ce sentiment. « Je souhaite qu’elle ait une santé de fer afin de poursuivre toutes ses activités. Le handicap ne doit pas être une barrière pour elle. Nous la guiderons toujours », ajoute-t-il. Enseignante et artiste musicienne, Adama Kaboré mène également une vie associative active. Au sein d’une association majoritairement composée de personnes en situation de handicap, elle confectionne du savon et pratique l’élevage.

Ganib Kaboré, un des fils de Adama.

À travers ces différentes activités, elle entend montrer que les personnes en situation de handicap peuvent également travailler, entreprendre et subvenir à leurs besoins.Pour Adama, son parcours est avant tout celui d’une femme qui refuse de se laisser définir uniquement par son handicap. Enseignante, artiste, mère et entrepreneure, elle continue de multiplier les initiatives et de transmettre, à travers son parcours, un message d’autonomie et de persévérance.

Mousso News/ Studio Yafa


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