Farida Natacha Paré, une femme qui refuse de laisser les circonstances écrire son histoire

Journaliste-communicante, animatrice télé, entrepreneure et écrivaine, Farida Natacha Paré s’est construite autour d’une exigence qu’elle porte depuis l’enfance : ne jamais faire les choses à moitié. Derrière les projecteurs et les tribunes, elle revendique une histoire faite d’épreuves, de travail, de discipline et d’une volonté constante de tracer elle-même les contours de sa vie.
Avant les plateaux de télévision, l’entrepreneuriat et l’écriture, se cachait cette petite fille qui a appris très tôt à s’imposer et à exiger le respect. Farida Natacha Paré ne s’attarde pas encore sur les épreuves qui ont contribué à forger son caractère. « Je suis simplement une jeune femme profondément ancrée dans ses racines, mue par une curiosité insatiable et une volonté farouche de comprendre le monde et de bousculer les lignes », confie-t-elle.

Farida Natacha Paré a grandi dans un environnement familial qu’elle décrit comme exigeant, mais formateur. Ses parents, qu’elle présente comme des intellectuels, ont placé l’école et l’excellence au premier plan. Chez elle, l’exigence n’était donc pas une option, mais une norme.
A la maison, chaque tâche devait être accomplie avec rigueur et minutieusement. Cette éducation a progressivement installé en elle une discipline qui, des années plus tard, continue de guider ses choix professionnels. Intégrité, goût du travail bien fait et dignité figurent parmi les valeurs qu’elle dit avoir reçues de son entourage.
Très tôt, Farida Natacha Paré comprend qu’elle ne souhaite pas se laisser enfermer dans des schémas préétablis. Les rôles traditionnellement assignés aux femmes lui apparaissent trop étroits pour les ambitions qu’elle nourrit. Elle choisit alors de devenir, selon elle, « l’architecte de sa propre destinée ».

Son choix des médias s’inscrit dans cette volonté d’agir sur le monde qui l’entoure. Journaliste-communicante de formation et animatrice télé de profession, elle voit dans les médias bien plus qu’un métier.
Informer, éveiller les consciences, inspirer, contribuer au changement : c’est dans cette capacité d’action qu’elle trouve le sens de son engagement professionnel. Le journalisme lui offre le rapport aux faits et à la réalité. L’animation et le métier de maître de cérémonie lui permettent, eux, de travailler la parole et la relation directe avec le public.
Cette diversité semble lui convenir. Elle dit y trouver un espace de liberté et d’expression, mais aussi un environnement dans lequel elle estime ne jamais pouvoir se contenter des acquis.
Son parcours professionnel n’a toutefois pas été exempt d’obstacles. Comme jeune femme dans un milieu exigeant, Natacha Paré a dû composer avec les préjugés liés à l’âge et au genre, et surtout avec la nécessité de démontrer constamment sa légitimité. « Il faut sans cesse prouver sa légitimité, imposer son professionnalisme et faire ses preuves là où l’on attend parfois de vous de la simple figuration », estime-t-elle.

Pour elle, cette réalité impose parfois aux femmes de travailler davantage pour être reconnues. Loin de vouloir s’y résigner, elle dit avoir choisi de répondre par la rigueur et par le travail.
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De la journaliste à l’entrepreneure
À un moment de son parcours, exercer son métier ne lui suffit plus. Farida Natacha Paré ressent le besoin de porter sa propre vision de la communication et de créer ses propres solutions. C’est ainsi que naît T Communication.
L’entrepreneuriat devient alors une nouvelle étape de son parcours. Elle y retrouve un domaine qu’elle connaît, mais qu’elle aborde désormais avec une responsabilité différente : celle de porter une vision de bout en bout. « Le salariat offre un cadre ; l’entrepreneuriat vous apprend à bâtir le cadre vous-même, brique par brique », explique-t-elle.
Cette nouvelle posture lui apprend notamment à composer avec l’incertitude, à convaincre et à assumer les dimensions financières et stratégiques de ses décisions. Les difficultés deviennent pour elle une forme d’apprentissage permanent.
« Le mot “abandon” ne fait pas partie de mon vocabulaire », lâche-t-elle.
Derrière cette affirmation, elle évoque la foi en ses projets, la responsabilité envers ceux qui croient en elle et la conviction que les périodes difficiles participent aussi à la construction d’une personnalité.
Refuser les limites que l’on écrit pour soi
Au fil de son parcours, une conviction revient avec insistance : une femme ne devrait pas avoir à accepter les limites que la société lui assigne.
Pour Farida Natacha Paré, être une femme libre et indépendante signifie pouvoir subvenir à ses besoins, penser par soi-même, poser ses limites et prendre des décisions en fonction de ses convictions plutôt que de la peur du regard des autres.
Elle identifie notamment le poids des conditionnements culturels et sociaux comme l’un des freins qui empêchent encore certaines femmes de croire en leurs capacités. Elle insiste également sur l’importance des modèles. « On a du mal à être ce que l’on ne voit pas », souligne-t-elle.
C’est précisément dans cette logique que s’inscrit son livre » Être une femme avec le cerveau d’un homme ». Un titre volontairement provocateur, qui suscite la curiosité et ouvre le débat. Mais derrière la formule, l’auteure dit vouloir parler de performance, d’ambition féminine, de stratégie et de force mentale, sans renier la féminité.
Le livre est né de ses observations, de ses expériences et de ses propres luttes. Elle y défend l’idée que les femmes disposent déjà des ressources nécessaires pour réussir et avoir un impact, sans avoir à s’excuser de leur intelligence, de leur ambition ou de leur audace.
Laisser une empreinte
Farida Natacha Paré avance ainsi entre plusieurs univers : les médias, la communication, l’entrepreneuriat et désormais la littérature. Des activités différentes, mais qui semblent toutes répondre à une même volonté : prendre la parole, créer, agir et transmettre.
Lorsqu’elle imagine la trace qu’elle aimerait laisser, elle ne parle pas d’abord de titres ou de fonctions. Elle parle d’une femme qui aura contribué à ouvrir des portes et à susciter des vocations.
« Celle d’une battante qui a contribué à ouvrir des portes, à inspirer des vocations et à prouver qu’avec du travail, de la discipline et de la foi, il est possible de marquer son époque de son empreinte », dit-elle.
Son rêve pour les femmes tient finalement en quelques mots : les voir « pleinement souveraines, libres de leurs choix, épanouies et aux commandes de leur propre destin ».
Diane SAWADOGO/ MoussoNews
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