Immersion patriotique : 80 % des 1 888 professionnels de santé formés à Loumbila sont des femmes

Les 1 888 nouveaux professionnels de santé recrutés en 2025 ont achevé, le 27 septembre 2026 à Loumbila, leur Immersion patriotique obligatoire. Selon le coordonnateur national de l’Initiative présidentielle pour la santé, Dr Traoré Drissa, les femmes représentent environ 80 % des participants.
Du 16 au 27 septembre 2026, médecins, pharmaciens, infirmiers, sages-femmes et maïeuticiens, technologistes biomédicaux et autres professionnels de santé ont pris part à une immersion patriotique obligatoire organisée à Loumbila.
La cérémonie de sortie s’est tenue le 28 septembre en présence de plusieurs responsables civils et militaires.
Recrutés en 2025 dans le cadre du Plan 1000×5, en appui à l’Initiative présidentielle pour la santé, les 1 888 agents doivent désormais rejoindre leurs différents postes d’affectation.
Selon le ministre de la Santé, Dr Kargougou, cette promotion baptisée « La sentinelle » comprend 492 médecins généralistes, 78 pharmaciens généralistes, 4 chirurgiens-dentistes généralistes, 21 médecins spécialistes, 10 pharmaciens spécialistes, 542 infirmiers, 351 sages-femmes et maïeuticiens, 173 technologistes biomédicaux, 42 techniciens supérieurs en imagerie médicale et 175 techniciens d’hygiène hospitalière.
Pour le ministre, la diversité de ces profils doit favoriser la complémentarité entre les différents acteurs du système de santé.
En effet, l’immersion avait pour objectif de préparer ces nouveaux agents aux exigences du service public.
Discipline, engagement, cohésion, maîtrise de soi, solidarité et sens des responsabilités ont ainsi été présentés comme des valeurs devant accompagner les participants dans leurs futures structures d’affectation.
Le ministre les a également appelés à être présents à leurs postes, ponctuels et disponibles, tout en respectant les procédures, la confidentialité, les biens publics ainsi que les règles d’éthique et de déontologie.
La Garde républicaine mise sur la discipline et le sens du devoir
Pour le commandant de la Garde républicaine, Jean Ouédraogo, l’institution militaire avait reçu pour mission de contribuer à l’immersion de ces professionnels de santé. Il a précisé que la formation ne se substituait ni à la formation médicale ni aux règles déontologiques propres aux professions de santé. Elle devait plutôt les compléter en renforçant la cohésion, le sang-froid et le sens du devoir des participants.
Durant leur séjour, les appelés ont été initiés à l’ordre serré, au règlement du service dans les armées, au secourisme de combat ainsi qu’à certaines techniques d’intervention.
Le commandant de la Garde républicaine a toutefois rappelé que le professionnel de santé reste avant tout au contact de « la vie, de la souffrance et de l’espoir ». Il l’a donc invité à associer compétence professionnelle, écoute, respect et humanité dans la prise en charge des patients.
« Faire émerger un nouveau type de personnel soignant »
Le coordonnateur national de l’Initiative présidentielle pour la santé, Dr Traoré Drissa, a pour sa part expliqué que l’immersion devait contribuer à faire émerger un personnel soignant davantage engagé et conscient de ses responsabilités.
Il a également insisté sur la responsabilité des futurs agents vis-à-vis des nouvelles infrastructures sanitaires, des équipements qui y seront installés et des patients qui les fréquenteront.
Selon lui, l’objectif est également de faire des formations sanitaires des espaces fonctionnels, performants, mais aussi propres et agréables pour les populations. Dr Traoré Drissa a par ailleurs relevé la forte présence des femmes durant la formation. Il a déclaré qu’elles représentaient environ 80 % des agents formés, ajoutant que plusieurs femmes enceintes et femmes allaitantes avaient également participé à l’immersion.
Les agents veulent prolonger l’expérience dans les structures sanitaires
Au nom des participant.e.s , Ki Viviane, représentante des agents, a assuré que l’immersion avait permis aux professionnels de santé de vivre plusieurs enseignements autour de la discipline, de la cohésion, de la solidarité et du dépassement de soi.
Outre, elle a évoqué les premières difficultés rencontrées à leur arrivée, dont l’attribution des tenues militaires, qui ont conduit les participants à s’entraider pour que chacun puisse disposer d’une tenue adaptée.
Pour elle, cette expérience doit désormais trouver sa traduction dans les structures sanitaires.
Les agents ont ainsi pris l’engagement de continuer à exercer leur métier avec compétence, dignité et humanité, tout en respectant les patients, les collègues, la hiérarchie et les biens publics.
Après cette étape de formation, les 1 888 professionnels de santé doivent désormais rejoindre leurs différents postes.
Annick HIEN/MoussoNews
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