Cancer du sein : A 40 ans, Salimata Kadiyogo mène un combat de résilience entre chimiothérapie et espoir

À 40 ans, Salimata Kadiyogo, mère de 3 enfants et restauratrice, poursuit son traitement contre le cancer du sein. Après une récidive en juillet 2026, elle en est à sa 22e séance de chimiothérapie. Douleurs, fatigue, difficultés financières et changements physiques, elle s’accroche à la vie, soutenue par ses enfants et ses proches.

Tout a commencé par un changement qu’elle a remarqué en examinant ses seins. Celui de gauche avait pris du volume. En appuyant sur le mamelon, elle a constaté un liquide marron qui s’y coulait. Elle décide alors de consulter.

Une échographie mammaire révèle des calcifications. Elle passe ensuite une mammographie, puis une biopsie. C’est cet examen qui permet de déterminer qu’elle a un cancer du sein.

 » J’ai récupéré les résultats et remis où je devais remettre ils ont fait une copie et m’ont remit l’original. J’attendais que l’on me dise ce que j’ avais mais vu que ça tardait j’ai lu le résultat. Je ne comprenais pas les termes employés, alors j’ai décidé de consulter Google », se rappelle t-elle de ce jour difficile.

« Ça a été un choc, un mélange de peur, de surprise quand j’ai découvert que c’était le cancer de sein que j’avais », se souvient-elle.

Il faut désormais faire face à la maladie et trouver la force de poursuivre. Pour sa famille aussi, la nouvelle est difficile. Ses proches sont affectés, mais ils lui assurent qu’ils seront présents à ses côtés. Chacun essaie de l’aider à sa manière.

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22 séances de chimiothérapie, et la fatigue qui s’installe

En juillet 2026, Salimata fait une récidive. Elle reprend la chimiothérapie. Elle en est aujourd’hui à sa 22e séance au total. Les onze premières étaient organisées en cures de 21 jours. Depuis la récidive, les séances sont hebdomadaires.

Le traitement éprouve son corps. Nausées, vomissements, goût métallique dans la bouche, maux de tête, courbatures, douleurs articulaires et fatigue intense font partie des effets secondaires qu’elle endure. Elle doit également faire attention à son exposition au soleil. Les douleurs articulaires restent, pour elle, les plus difficiles à supporter.

« Je suis épuisée… », confie-t-elle.

À la fatigue s’ajoutent les changements physiques. Ses cheveux, ses cils et ses sourcils tombent. Son visage change et elle doit apprendre à vivre sans le sein opéré.

Ces transformations ne sont pas toujours faciles à accepter. Elles touchent aussi à l’image que l’on a de soi.

« On se sent moins femme que celles qui ont leurs deux seins, on se sent moche et pas désirable », explique-t-elle.

Salimata dit aussi avoir parfois l’impression que les gens la dévisagent partout où elle va. Elle s’attendait à certains changements et affirme que cela l’a aidée à les accepter. Elle aime notamment se couper les cheveux.

Mais s’habituer à son nouveau corps ne signifie pas que tout devient facile. Il y a les jours où la fatigue prend le dessus, ceux où la douleur pèse et ceux où il faut simplement trouver le courage de continuer.

Elle craque, pleure et se relève

Salimata ne cache pas ses moments de découragement. Il lui arrive de se demander pourquoi elle doit autant souffrir. Dans les moments les plus difficiles, elle pense parfois à la mort comme à un moyen d’échapper à la douleur. Puis, elle repense à ceux qui l’aiment. Elle pleure et essaie de reprendre courage.

Ses 3 enfants et sa famille sont sa plus grande force. Pourtant, elle a du mal à leur montrer à quel point elle souffre.

« J’ai du mal à dire que j’ai mal. J’essaie de minimiser la douleur pour ne pas les stresser », confie-t-elle.

Elle préfère parfois taire ses douleurs pour épargner ses proches, alors que ceux-ci cherchent eux aussi comment l’accompagner dans cette épreuve.

À eux, elle adresse une demande qui en dit long sur ce qu’elle traverse : « Qu’ils ne se lassent jamais de moi parce qu’ils sont ma force. S’ils m’abandonnent, je ne tiendrai pas ».

Derrière sa volonté de rester forte, Salimata a donc aussi besoin d’être entourée, écoutée et soutenue, y compris dans les moments où elle n’a plus envie de faire semblant d’aller bien.

La maladie bouleverse aussi son activité

Avant la récidive, la restauration occupait une place importante dans son quotidien. Mais poursuivre son activité tout en suivant un traitement est devenu difficile. Elle vend ses repas en ligne et essaie de travailler lorsqu’elle n’est pas en traitement.

L’aide de sa famille et de ses proches lui permet de tenir. Sur le plan financier, toutefois, la situation s’est compliquée. Les dépenses augmentent tandis que les revenus diminuent.

« Le suivi du cancer est difficile financièrement, il y a toujours une dépense », explique-t-elle.

L’incertitude est également difficile à vivre. Depuis la récidive, elle se demande parfois si tous les efforts fournis ne seront pas vains. Elle doit aussi composer avec une énergie qu’elle n’a plus comme avant.

Malgré tout, elle garde un objectif en tête : reprendre la vente de ses repas à la mi-novembre 2026, si son état de santé le permet.

Car faire la cuisine lui fait du bien. Ce qui la rend heureuse, dit-elle, c’est surtout qu’un client lui fasse savoir qu’il a aimé son plat. Un plaisir qui, pour elle, compte beaucoup dans son quotidien actuel.

« Apprenez à connaître votre corps »

En ce mois d’octobre consacré à la lutte contre le cancer du sein, Salimata veut sensibiliser les femmes à l’importance du dépistage. À celles qui hésitent encore, elle recommande de consulter dès qu’elles remarquent un changement inhabituel et de ne pas attendre pour demander un avis médical.

Elle les encourage également à apprendre l’autopalpation et à ne pas penser que le cancer du sein ne concerne que les autres.

« Le cancer est réel ! Le dépistage précoce sauve des vies », insiste-t-elle.

Aux femmes qui suivent actuellement un traitement, elle conseille de garder espoir, de s’entourer de personnes positives, de suivre les prescriptions de leur médecin et de s’en remettre à Dieu.

« Soyez fortes ! Gardez le moral haut parce que tout commence par là. Entourez-vous de personnes positives et joyeuses. », adresse t-elle comme message.

Salimata aime la vie. Elle a ses enfants, ses parents, ses amis et cette passion pour la cuisine qu’elle espère retrouver pleinement. Ce sont autant de raisons de continuer, même lorsque les journées sont difficiles. « Si je devais résumer mon combat actuel, je le décrirais comme une épreuve de résilience absolue », confie-t-elle.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


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