Kenya : Un pasteur et 28 complices reconnus coupables du meurtre de 191 personnes, dont principalement des enfants

La justice kényane a reconnu coupables 29 personnes, dont le pasteur Paul Mackenzie, dans une affaire liée à la mort de 191 personnes, parmi lesquelles la majorité étaient des enfants. Ce dossier, révélé en 2023, a relancé les interrogations sur le contrôle des mouvements religieux dans le pays.

Le pasteur Paul Mackenzie et 28 autres prévenus ont été reconnus coupables de meurtre dans le cadre de l’affaire dite de Shakahola. Les faits concernent 191 victimes, dont une écrasante majorité d’enfants.
Au cœur du dossier figure une communauté religieuse dont les membres auraient été soumis à des pratiques de privation alimentaire extrême. Paul Mackenzie aurait convaincu ses adeptes de renoncer à se nourrir dans l’espoir de rencontrer Jésus avant la fin du monde, qu’il situait en 2023.
Lors du procès, la juge Diana Kavedza Mochache a estimé que les éléments présentés par le ministère public permettaient d’établir la responsabilité des 29 accusés. Elle a écarté l’argument selon lequel les enfants concernés auraient choisi librement de jeûner jusqu’à leur décès.

Une découverte qui a choqué le pays
L’affaire a pris une dimension nationale en 2023, lorsque des corps ont été retrouvés dans des fosses creusées dans la forêt de Shakahola, près de Malindi, sur la côte kényane. Les opérations de recherche ont progressivement révélé l’étendue du drame.
Les investigations ont mis en évidence plusieurs causes de décès présumées, dont la malnutrition sévère, l’asphyxie et des traumatismes physiques. Selon l’accusation, les pratiques imposées aux fidèles auraient suivi un ordre dans lequel les enfants étaient les premières victimes.
Le nombre de morts a continué d’augmenter après les premières découvertes. En 2024, la Commission nationale kényane des droits de l’homme avait recensé 429 décès. La découverte de 52 autres corps en janvier, dans une localité voisine, a par ailleurs conduit à de nouvelles poursuites contre Paul Mackenzie.
Lire aussi : https://www.moussonews.com/apres-12-ans-de-mission-un-pretre-italien-renonce-au-ministere-pour-epouser-une-kenyane/

Des précédents qui interrogent
Fondateur de l’Église internationale de la Bonne Nouvelle en 2003, Paul Mackenzie avait développé son mouvement dans plusieurs régions du Kenya. Son parcours avait déjà attiré l’attention des autorités avant la révélation du drame de Shakahola.
Il avait été interpellé en 2017 dans une affaire liée à des accusations de radicalisation, avant d’être acquitté. En 2019, une nouvelle arrestation était intervenue après la mort de deux enfants par famine.
La tragédie a provoqué une vague d’indignation au sein de la population et ravivé les appels à un encadrement plus rigoureux des organisations religieuses. La question de la responsabilité des autorités dans la prévention de telles dérives a également été soulevée, compte tenu des précédentes interventions judiciaires visant le prédicateur.
Source : La presse
Annick HIEN/MoussoNews
En savoir plus sur Mousso News
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



