TGI de Kaya : 1 an de prison, dont 6 mois ferme, requis contre l’exciseuse principale

Le ministère public a requis un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, et une amende de 500 000 FCFA contre T.K., présentée comme l’exciseuse principale dans une affaire d’excision ayant fait une trentaine de victimes. Contre plusieurs de ses complices présumés et d’autres prévenus poursuivis pour tentative, le parquet a notamment requis un an d’emprisonnement avec sursis et 500 000 FCFA d’amende, dont 250 000 FCFA ferme. Les réquisitions ont été présentées le mardi 27 octobre 2026 devant le Tribunal de grande instance de Kaya, à la mairie de Boussouma. Le verdict est attendu le mercredi 28 octobre.
À la mairie de Boussouma, le procès des 39 personnes poursuivies pour des faits d’excision se poursuit avec les réquisitions du ministère public. Dans cette affaire, 5 prévenues étaient absentes à l’audience, selon les éléments rapportés.
Le parquet a organisé ses réquisitions en deux volets.
Le premier concerne T.K., présentée comme l’auteure principale des excisions, ainsi que 3 femmes accusées de l’avoir aidée à maintenir les fillettes pendant les interventions : T.F., T.S. et T.R.

Le ministère public s’est appuyé sur les dispositions du Code pénal relatives à l’excision et à la complicité. Selon les textes évoqués à l’audience, ces faits sont passibles d’une peine d’emprisonnement d’un à dix ans et d’une amende comprise entre 500 000 et 3 millions de FCFA.
1 an dont 6 mois ferme requis contre l’exciseuse principale
Pour T.K., le ministère public a requis un an d’emprisonnement, dont 6 mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA.
Contre les trois femmes présentées comme ses aides, le parquet a requis un an d’emprisonnement avec sursis et une amende de 500 000 FCFA, dont 250 000 FCFA ferme.
Face à ces réquisitions, des prévenus ont sollicité la clémence du tribunal et demandé une réduction des peines.
« On demande pardon de diminuer la peine. On ne va plus recommencer », ont-ils déclaré.
Des peines avec sursis requises pour plusieurs autres prévenus.
Le second volet des réquisitions concerne les personnes poursuivies pour complicité ou tentative de complicité d’excision. Pour plusieurs d’entre elles, le ministère public a également requis un an d’emprisonnement avec sursis et une amende de 500 000 FCFA, dont 250 000 FCFA ferme.
Parmi les prévenus concernés figure Z.M., le seul homme poursuivi dans cette affaire, pour des faits de complicité.
Le parquet a également évoqué plusieurs femmes accusées d’avoir conduit leurs filles ou d’autres enfants chez l’exciseuse. Certaines auraient agi en sachant que la pratique était interdite, tandis que d’autres auraient dissimulé leur intention au père de l’enfant, dont elles redoutaient le refus.
S.B., notamment, avait expliqué avoir conduit sa fille sans informer le père, parce qu’il était opposé à l’excision. D’autres prévenues sont poursuivies pour avoir amené des fillettes chez T.K., avec des qualifications pénales qui varient selon les faits retenus et le stade auquel les interventions ont été interrompues.
Dans le cas de O.H., le ministère public a relevé que la prévenue savait que l’excision était interdite, mais avait tout de même envoyé sa fille. L’intervention de la Police a donc permis d’éviter que l’enfant soit excisée.
À l’inverse, concernant A.S., le parquet a demandé qu’elle soit relaxée, estimant que les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient pas réunis. Selon les explications de cette prévenue, elle s’était rendue sur les lieux pour remettre un téléphone et la Police a débarqué ce jour. Le ministère public a ainsi distingué les situations selon les faits reprochés à chacune des personnes poursuivies, les actes accomplis et les éléments recueillis au cours de la procédure.

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Un procès à portée pédagogique
Au-delà des peines requises, cette audience est également présentée comme un cadre de sensibilisation. Au cours des comparutions, plusieurs prévenus ont expliqué leur participation par le retour aux « sources », sans toujours pouvoir préciser l’utilité de l’excision.
Les débats ont notamment mis en évidence des situations où des enfants auraient été conduits chez l’exciseuse sans l’accord de leur père, parfois parce que celui-ci s’opposait à la pratique.
Le ministère public a également souligné la nécessité d’examiner les actes de chaque prévenu au regard des infractions poursuivies, en distinguant notamment les faits d’excision réalisés des tentatives et des actes de complicité.
Après les auditions et les réquisitions, le procès entre dans sa dernière phase. Le verdict du Tribunal de grande instance de Kaya est attendu ce mercredi 28 octobre 2026.
L’audience se tient à la mairie de Boussouma dans le cadre d’une audience foraine organisée par le TGI de Kaya en collaboration avec ENABEL. Prévu sur 3 jours, ce procès porte sur une affaire d’excision ayant fait une trentaine de victimes et vise également, à travers son volet sensibilateur, pédagogique et instructif, à rapprocher la justice des populations et à sensibiliser sur l’interdiction de l’excision.
Diane SAWADOGO / MoussoNews
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