Pendant les saisons pluvieuses, les vendeuses mènent plusieurs activités génératrices de revenus parmi lesquelles, la vente des arachides fraiches, bouillies, crues ou grillées.

Aux abords des goudrons, dans les six mètres des quartiers sont exposées des arachides fraîches. Bouillies, grillées, crues, chaque consommateur trouve sa préférence. Elles sont disposées sur des tables à des prix variables. Le petit bol d’arachides grillées, bouillies ou crues se vend à 100 FCFA, le moyen à 300 FCFA négociable cher certaines vendeuses. « C’est trop cher mais je ne peux pas m’en passer. J’adore les arachides surtout quand c’est bouilli. Avant c’était 50 FCFA mais j’ai remarqué que depuis la saison pluvieuse, ces femmes nous les vendent à 100 FCFA le petit bol », témoigne Nina (nom d’emprunt).

Nina aime les arachides fraiches particulièrement bouillies. Chaque jour, elle guette une des vendeuses non loin de sa maison, chez qui elle achète habituellement. Pareillement à Nina, Jessica Thiombiano adore les arachides. A la différence de Nina, Jessica aime les arachides grillées. Dès qu’elle sent une petite faim, elle va en acheter pour faire redescendre son estomac des talons.

Selon les témoignages de ces vendeuses, elles achètent les arachides à 40 000 FCFA le sac de 100 KG pour ensuite trier et revendre en détails. Pour les autres, elles s’en procurent dans les marchés à 1000 FCFA le plat. « Avant de vendre, nous devons laver, trier, griller et bouillir. Le bol est à 100 FCFA et non 50 FCFA parce que nous cherchons des bénéfices », défend Bibata.

Les unes disposent leurs arachides sur des étals tandis que certaines sillonnent dans les marchés et quartiers pour vendre avec des petits plateaux sur la tête ou en mains.
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Mama, Elève en classe de CM1, vend de l’arachide bouillie pendant ces vacances scolaires. Son plat sur la tête et ses bols qui lui servent d’unité de mesures, elle sillonne autour des environs de son domicile avec ses camarades, qui vendent aussi quelques petites marchandises (l’eau, porche de maison). A 7h, Mama sort vendre les arachides que lui confie sa mère. Au plus tard à 11h, la jeune fille retourne à la maison pour déjeuner. Et si la météo lui permet, elle ressort avec un autre plateau à 14h, pour rentrer à 16 heures.

Roseline Tiendrébeogo vend, elle aussi, des arachides fraichement bouillies devant son domicile. A la place des bols que les autres femmes utilisent comme unité de mesure, Roseline se sert de ses poignées de mains. Une poignée fait 100 FCFA. Elle tient le même discours que les précédentes vendeuses : J’achète le plat d’arachides à 1000 FCFA. Je trie les mauvaises graines, je lave avant de bouillir. Et souvent quand je trie, je perds beaucoup.

Qu’elles soient bouillies, grillées, les arachides à décortiquer sont beaucoup demandées par des consommateurs bien qu’ils ignorent tous les raisons pour lesquelles ils en raffolent.
Annick HIEN/MoussoNews