Atelier EAUtonomy : Place aux solutions pour une gestion inclusive de l’eau et de l’assainissement

Après une première journée consacrée au diagnostic des inégalités liées à l’eau et à l’assainissement, les travaux de la deuxième journée de l’atelier de réflexion et de co-création du projet EAUtonomy ont été orientés vers l’identification de solutions concrètes et durables. L’atelier s’est déroulé du 28 au 29 janvier 2026 à Ouagadougou.

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Des participant.e.s en séance de travaux de groupe au cours de la deuxième journée d’atelier.

Pour Dr Damien Lankouandé, enseignant-chercheur à l’Université Norbert Zongo et secrétaire exécutif du Groupe de Recherche et d’Analyse Appliquées pour le Développement (GRAAD), cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de recherche-action. « Cet atelier est un cadre de réflexion et de co-création de solutions durables. Il nous permet d’approfondir l’analyse des défis liés à la gestion et à la gouvernance de l’eau et de l’assainissement, dans un contexte fortement marqué par le changement climatique », explique-t-il.

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Dr Damien Lankouandé, enseignant-chercheur à l’Université Norbert Zongo et secrétaire exécutif du Groupe de Recherche et d’Analyse Appliquées pour le Développement (GRAAD).

La seconde journée a été consacrée à la poursuite des analyses et à l’identification des principales actions à mener face aux défis majeurs relevés.

Il s’agit notamment de l’exclusion des femmes des instances de décision, des faibles revenus de certaines catégories de femmes, ainsi que des difficultés spécifiques rencontrées par les personnes déplacées internes et les femmes vivant avec un handicap, souvent privées d’un accès adéquat aux infrastructures d’assainissement.

Au cours des travaux de groupe, les participants ont identifié 6 profils de femmes, en tenant compte de leurs réalités sociales, économiques et territoriales. Pour chacun de ces profils, les échanges ont permis de mettre en lumière les principaux défis liés à l’eau et à l’assainissement, aujourd’hui aggravés par les effets du changement climatique, ainsi que les dynamiques de pouvoir qui structurent ces situations.

Parmi les participantes, Sanon Kadidia, ancienne chercheure à l’UFR Sciences économiques de l’Université Thomas Sankara et actuellement chercheure au CEDRES. Elle a notamment souligné l’importance de cette approche différenciée. « Cet atelier vise à comprendre de manière approfondie les difficultés auxquelles font face les femmes et les jeunes filles dans l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement. Nous posons un diagnostic qui prend en compte les différentes typologies de femmes, qu’elles vivent en milieu rural, semi-urbain ou urbain », indique-t-elle.

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Sanon Kadidia, ancienne chercheure à l’UFR Sciences économiques de l’Université Thomas Sankara et actuellement chercheure au CEDRES.

Selon elle, les responsabilités sociales assignées aux femmes pèsent lourdement sur leur quotidien. « En raison de son statut social, la femme assume des responsabilités liées aux activités de reproduction, notamment celles qui concernent la santé et le bien-être de la famille. À cela s’ajoute la corvée d’eau, indispensable pour l’alimentation, l’hygiène et l’assainissement », explique la chercheure.

Des contraintes sont aujourd’hui exacerbées par le changement climatique. « L’accès à l’eau devient de plus en plus difficile, ce qui oblige certaines femmes à consentir d’importants sacrifices. Certaines sont contraintes de renoncer à des activités génératrices de revenus afin de consacrer plus de temps à la quête de l’eau », ajoute-t-elle.

À l’issue des analyses, les participants entendent formuler des recommandations à l’endroit des institutions et de l’État. « Les politiques publiques n’intègrent pas toujours suffisamment la dimension inclusive des services d’eau et d’assainissement, alors même que certaines catégories de femmes notamment les femmes âgées, les femmes en situation de handicap ou les femmes déplacées internes vivent dans des conditions de grande vulnérabilité », insiste Sanon Kadidia, appelant à des réponses adaptées et équitables.

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Une trentaine de personnes ont pris part à cet atelier de réflexion.

Cette pertinence du thème est également saluée par Natacha Zoundi, représentante de Action contre la Faim, qui a félicité le GRAAD pour la qualité de la recherche menée et pour l’organisation de cet atelier. Elle souligne l’importance cruciale des enjeux abordés, au croisement de l’eau, de l’assainissement, du genre et du changement climatique, dans un contexte sahélien marqué par de fortes vulnérabilités.

À l’issue de cette deuxième journée, l’atelier débouche ainsi sur des pistes de solutions prioritaires, ancrées dans les réalités locales, avec pour ambition de contribuer à des politiques publiques plus inclusives et à une meilleure autonomisation des femmes face aux défis liés à l’eau et à l’assainissement.

Annick HIEN/MoussoNews

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