Bobo: Une femme de 57 ans condamnée pour avoir frappé sa coépouse septuagénaire devant leur mari

Le 4 mars 2026, une dame septuagénaire, Sogolon (nom d’emprunt), saisissait la police d’une plainte pour coups et blessures volontaires à Bobo-Dioulasso. Elle expliquait aux policiers avoir constaté la disparition répétée de ses effets d’habillement dans sa maison. Elle ajoutait en avoir parlé à sa coépouse Djatta (nom d’emprunt), âgée de 57 ans, qui lui aurait répondu sur un ton menaçant.

C’est alors que, dans la journée du 3 mars 2026, elle décida de passer à l’offensive contre sa coépouse en se rendant en pleine journée dans sa maison, alors que cette dernière venait de quitter la douche et se pommadait. À ses côtés se trouvait leur époux, Basékou (nom d’emprunt), lui-même septuagénaire.

Une altercation les a alors opposées dans la maison de Djatta. Cette dernière lui aurait porté des coups à l’aide d’une barre de fer, occasionnant des blessures.

La police interpelle la coépouse Djatta, qui fut déférée devant le parquet conformément au Code de procédure pénale. Mise sous mandat de dépôt, elle a comparu à la barre le 31 mars 2026.

À la barre

La prévenue a reconnu les faits. Elle déclare :
« C’est ma coépouse Sogolon qui a commencé la bagarre. Elle est venue dans mon salon pour me taper avec un seau. Moi aussi, en voulant me défendre, je l’ai frappée avec une barre de fer. J’ai même cru qu’elle était devenue folle. Elle m’a donné deux coups avec le seau. »

Le juge lui pose des questions d’éclaircissement :
— Combien de fois l

’avez-vous frappée avec le fer ?
« Une seule fois », a-t-elle reconnu.

— Avec force ou non ?
« Je ne me rappelle pas. Je me défendais moi aussi. »

— Votre unique enfant a quel âge ?
« 18 ans », répond Djatta.

— Et votre coépouse, a-t-elle des enfants adultes ?
La prévenue répond par l’affirmative.

La version de la victime

« Djatta est ma coépouse. Elle m’a rejointe il y a plus de 20 ans. Depuis son arrivée, il y a trop de discorde dans la famille de Basékou, qui est lui-même complice. Je ne suis pas entrée dans son salon. Nous avons eu une dispute, et elle est rentrée pour ressortir avec une barre de fer pour me frapper à trois reprises. Elle m’a frappée et j’ai été blessée. J’ai appelé mes enfants aînés pour m’amener à l’hôpital. Ensuite, j’ai porté plainte. »

L’époux septuagénaire

« Ce jour-là, j’étais assis dans la maison de Djatta. Sogolon, ma première épouse, est entrée dans le salon de sa coépouse. Je lui ai parlé, mais elle m’a poussé à deux reprises et je suis tombé. C’est elle qui a déclenché la bagarre. Elle m’insulte même tous les jours. La bagarre a commencé dans la chambre avant de se poursuivre dans le salon. »

Partie civile

L’avocat de la victime a plutôt mis l’accent sur une possible conciliation familiale. Il a demandé au tribunal de rendre une décision sage afin d’amener les deux dames à cohabiter pacifiquement.

La victime réclame une réparation du préjudice subi, estimé à 250 000 F CFA, représentant les frais d’ordonnances.

Réquisitions

Le parquet a estimé que les faits sont regrettables, surtout au regard de l’âge des protagonistes.
« C’est dommage. Au contraire, les jeunes devraient venir prendre conseil auprès de vous », a regretté le procureur.

Sur le plan juridique, le parquet a reconnu l’existence de coups et blessures, tout en estimant que la prévenue pouvait bénéficier des excuses de provocation. Il a requis une amende ferme de 50 000 F CFA.

L’avocat de la défense

L’avocat de la défense a demandé la clémence du tribunal, au regard des circonstances de la commission des faits, et a sollicité une peine assortie de sursis. Il a également demandé, en cas de mise en délibéré, la levée du mandat de dépôt afin que sa cliente puisse regagner son domicile.

Décision

Le tribunal a condamné Djatta à une amende ferme de 50 000 F CFA.

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