Burkina : 15 milliards FCFA pour deux datacenters gouvernementaux
Deux datacenters modulaires du Cloud gouvernemental d’un cout global de 15 milliard de FCFA sont inaugurés le vendredi 23 janvier 2026 à Ouagadougou. Ces infrastructures stratégiques sont destinées à héberger, exploiter et sécuriser l’ensemble des données publiques nationales.
Pilotée par le ministère de la Transition digitale, cette réalisation s’inscrit au cœur du chantier stratégique « zéro donnée à l’extérieur », dont l’objectif est clair : mettre fin à l’hébergement des données publiques hors du territoire national et rapatrier celles encore stockées à l’étranger ou dans des centres privés.
Les deux datacenters inaugurés affichent une capacité totale de stockage de 3 000 téraoctets (To), soit l’équivalent de plusieurs millions de dossiers numériques. Ils disposent également de 105 600 Go de mémoire vive et de 28 800 cœurs CPU, permettant l’hébergement de plus de 7 000 machines virtuelles.
Ces performances techniques offriront des bénéfices immédiats à l’administration : la continuité et disponibilité renforcées des services publics numériques, la sécurisation accrue des données sensibles, la mutualisation des ressources et économies d’échelle substantielles.
Un investissement de 15 milliards pour des économies allant jusqu’à 95 milliards de FCFA
Le coût global du projet est estimé à plus de 15 milliards de FCFA. Sur une période de 10 ans, l’État burkinabè pourrait réaliser une économie nette comprise entre 85 et 95 milliards de FCFA, notamment grâce à la réduction des dépenses liées à l’hébergement externe et à l’optimisation des infrastructures numériques.
Saluant « des infrastructures à la hauteur des ambitions nationales », le Premier ministre a souligné la portée hautement stratégique de ces datacenters. « Ces centres de données sont un acte de souveraineté et un jalon essentiel dans la construction d’un État moderne, maître de ses choix et de ses outils », a-t-il déclaré. Pour le Chef du Gouvernement, la maîtrise des données dépasse le simple enjeu technologique. Elle relève de la sécurité nationale, de l’indépendance et de la dignité de l’État.
« Héberger nos données hors de notre territoire revient à renoncer à une part de notre autodétermination. Le Burkina Faso ne peut plus l’accepter », a-t-il martelé.
Vers un socle unique d’hébergement public
Des instructions fermes ont été données afin de faire de ces datacenters le socle unique de l’hébergement des plateformes publiques, avec pour corollaire le rapatriement progressif de toutes les données actuellement hébergées à l’extérieur du pays ou dans des centres privés.
Le Premier ministre a également salué le travail des équipes techniques et du ministère de la Transition digitale, tout en rappelant que cette inauguration n’est qu’une étape. À l’horizon 2028, un nouveau datacenter national, conforme aux standards internationaux les plus exigeants, verra le jour. Il sera destiné non seulement à l’administration publique, mais aussi au secteur privé, aux ONG et à l’ensemble de l’écosystème numérique national.
Source : DCRP/Primature
Repris par Annick HIEN/MoussoNews



