Culture : Le henné entre traditions et beauté, un symbole fort pour certaines cérémonies

Le henné, encore appelé djabi au Burkina Faso est bien plus qu’une simple teinture naturelle. Issu de la plante Lawsonia inermis, ce colorant est utilisé depuis l’Antiquité dans de nombreuses civilisations. Des fresques de l’Égypte pharaonique jusqu’aux rituels en Inde, au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, le henné traverse le temps comme un symbole de beauté, de chance et de bénédiction.

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Les premières utilisations connues du henné remontent à plus de 5 000 ans en Égypte.

Les premières utilisations connues du henné remontent à plus de 5 000 ans en Égypte, où il servait à teindre les cheveux, les ongles et même à orner les mains des défunts.

Progressivement, son usage s’est étendu au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. Aujourd’hui encore, chaque culture lui associe des significations particulières, mais toutes le considèrent comme un élément de purification et de fête.

Selon les témoignages au Burkina, le djabi occupe une place particulière dans les traditions musulmanes et familiales. Lors des mariages, les futures mariées se font appliquer des motifs raffinés sur les mains et les pieds. Ces dessins ne sont pas seulement esthétiques : ils symbolisent la joie, la prospérité et la bénédiction du couple. De même, lors des baptêmes musulmans, les jeunes mamans et parfois les invitées portent fièrement le henné, signe de fête et de partage et les motifs varient selon les préférences.

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Pour Khadidja Koné, le henné éloigne le mauvais œil .

Pour Khadidja Koné dans certaines cultures, on lui attribue aussi des vertus protectrices. « On dit qu’il éloigne le mauvais œil et qu’il attire la chance. C’est pourquoi il reste indissociable lors des grandes cérémonies de la vie », affirme-t-elle.

Au-delà de la beauté, le henné joue un rôle social fort selon Khadidja Traoré. Il marque le passage d’une étape importante de la vie : mariage, maternité, fête religieuse et réunit les femmes autour d’un moment de convivialité. « Appliquer le henné devient ainsi une occasion d’échanges, de complicité », souligne-t-elle.

L’application du henné, pour Aïcha, est bien plus qu’une simple décoration. C’est un moment sacré, de joie et de partage entre femmes « Lors des mariages, c’est une façon de préparer la mariée, de la bénir et de lui souhaiter bonheur et fertilité. Pour les baptêmes, c’est une manière d’accueillir le nouveau-né dans la communauté, avec beauté et protection », soutient-elle.

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Pour Aïcha, le henné apporte entre autres la bénédiction.

Pour elle le henné, n’est pas juste pour être belle. Il y a une valeur spirituelle très forte. « Dans leurs cultures, le henné est aussi une protection, une bénédiction. Avant un événement important, on le pose pour chasser le mauvais œil, pour attirer la baraka », déclare Aïcha. D’après elle quand on s’assoit ensemble pour le poser, on échange plus que du henné, on partage des conseils, des histoires, des secrets de femmes.

Aujourd’hui, le henné continue d’évoluer. Si les méthodes d’application se modernisent et que de nouveaux motifs inspirés de la mode circulent, son rôle reste le même lors des cérémonies sublimer la femme et consacrer les moments heureux. Partout dans le monde il demeure le lien entre beauté, spiritualité et célébration.

Maïmouna Nadia Djibo (Stagiaire)/MoussoNews

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