Dr Kadidia Sanon: Seule femme Enseignante Chercheure à l’UFR/SEG en 2002

En 1986, Kadidia Sanon décroche son BAC D au Lycée Municipal de Bobo et s’engage dans une voie encore peu empruntée par les femmes : les Sciences Economiques. 40 plus tard, elle est devenue une figure marquante de l’enseignement et de la recherche au Burkina Faso. Elle était la seule femme enseignante à l’UFR Sciences Économiques et de Gestion (SEG) de l’Université Thomas Sankara en 2002, puis recrutée comme assistante en Économie.

Dr Kadidia Sanon est Enseignante-chercheure à l’UFR SEG de l’Université Thomas Sankara et chercheure au Centre d’Étude, de Documentation et de Recherche Économique et Sociale (CEDRES).

40 ans plutôt, elle en se voyait pas faire la science. Son ambition a été modifié après son Baccalauréat. « A cause de mes notes au BAC, j’ai été orientée en série scientifique que je ne regrette pas », se remémore-t-elle. Après ses années universitaires, elle est recrutée en 2002 à l’UFR SEG en tant que Enseignante Chercheure puis assistante en Économie.

À cette époque, elle est la seule femme enseignante dans son unité de formation. « Il y’avait beaucoup de jeunes femmes doctorantes derrière moi, mais elles hésitaient à venir ou qui n’avaient pas véritablement d’engagement fort pour être Enseignante Chercheure comme moi et ont été recrutée », se rappelle-t-elle, soulignant que ces dernières ont finalement soutenu leur thèse grâce aux encouragements de leurs enseignants, y compris elle-même.

Elle admet aussi la solitude ressentie à cette époque. « Ce n’était pas facile pour moi de me sentir seule en Economie à l’époque; Il n’y’avait pas beaucoup de femmes qui voulaient véritablement s’engager dans l’ Enseignement de et de Recherche en Economie. J’étais là parmi mes enseignements qui étaient devenus mes collègues », se rappelle-t-elle comme si c’était hier.

Puis en 2012, survient un changement majeur; le recrutement d’une autre femme. Depuis, la dynamique est lancée. Selon elle, à ce jour, plus d’une dizaine de femmes sont enseignantes-chercheures en Économie et Gestion dans toutes les catégories confondues. « Ça m’a beaucoup marqué durant ma carrière d’Enseignantes Chercheuse », insiste-t-elle avec émotion.

Dr Kadida Sanon, Enseignante Chercheure à l’UFR/SEG.

Une expertise au service du développement

En parallèle, Dr Kadidia est analyste économique de développement au profil d’économie agricole. Elle s’investit au Centre d’Étude, de Documentation et de Recherche Économique et Sociale (CEDRES ) depuis 1999. Introduite dans la recherche par son maître Thiombiano, elle participe à des travaux sur la gestion des usages conflictuels de l’eau, notamment dans le bassin du Nakambé.

Politique nationale de l’eau, participation des femmes à la prise de décision en milieu rural, agroécologie, systèmes durables, changement climatique, eau et assainissement : ses champs d’intervention traduisent un engagement constant pour un développement inclusif et durable.

S’agissant des défis économiques actuels du Burkina Faso, elle pointe sans détour la question de l’inclusion : le partage des fruits de la croissance. « Nous sommes à un taux de croissance de prohibé de 7%. Les populations les plus pauvres doivent participer à la création da la richesse afin de bénéficier de ces partages », recommande t-elle.

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Être femme chercheure : un combat quotidien

Mais derrière la carrière brillante se cache une réalité plus rude. « Etre femme Chercheure au Burkina Faso, il n’a que des défis, reconnait-elle.

Kadidia déplore également l’absence de mesures sensibles au genre. A entendre la Chercheure, il n’y a pas vraiment d’opportunité pour les femmes dans ce domaine. « Il n’y a pas de mesure genre sensible et qui tiennent compte de nos spécificités en tant que femme afin d’allergies les mécanismes pour faciliter notre profession…. Il faut toujours être la meilleure version de soi tous les jours en répondant aux obligations sociales…Il faut être au top. On te regarde, en oubliant que la société repose sur les épaules de la femme: les travaux de reproduction, communautaires, de production sont à ta charge. Contrairement les hommes. Généralement 90% ne font fasse qu’aux travaux de production dans la société », reconnaît Kadidia.

En parallèle, Kadidia est aussi Chercheure au CEDRES.

La recherche et l’enseignement, un domaine difficile mais passionnant selon Kadidia

Au delà des défis, Kadidia encourage les jeunes filles à s’y lancer afin d’assurer la relève. « C’est difficile mais c’est passionnant mais ca permet de se distinguer et de montrer aux yeux du monde comment la femme peut être forte en assurant les travaux de reproduction et de production dans la société…Qu’elles viennent, elle ne seront pas n’importe qui. Elles seront des amazones, des élites dans le cœur de ceux qui croient en elles . Nous, nous sommes en train de sortir; alors il faut qu’elles viennent », apprécie t-elle vivement.

Seule femme dans un amphithéâtre d’économiste, Dr Kadidia Sanon est devenue modèle pour la génération montante qui souhaite se faire une place dans l’enseignement en Sciences Economiques et Gestion à l’Université Thomas Sankara.

Annick HIEN/MoussoNews

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