En Afghanistan, frapper sa femme devient légal, selon le nouveau code pénal taliban

En Afghanistan, le nouveau code pénal promulgué par les talibans marque un tournant inquiétant. Fondé sur une interprétation rigoriste de la charia, le texte légalise de facto les violences domestiques, réintroduit l’esclavage et instaure une justice profondément inégalitaire. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une véritable « institutionnalisation de l’abus ».

Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les talibans ont progressivement démantelé les acquis, déjà fragiles, obtenus après l’intervention internationale de 2001. Mais la promulgation, le 4 janvier 2026, d’un nouveau code pénal constitue une étape sans précédent dans le durcissement du régime.

Signé par le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, le « Code de procédure pénale des tribunaux talibans », officiellement appelé De Mahakumu Jazaai Osulnama, formalise juridiquement des pratiques jusque-là appliquées de manière arbitraire.

Composé de 119 articles, répartis en 3 chapitres et 10 sections, le nouveau code supprime la qualification pénale des violences intrafamiliales.

L’article 32 précise que les agressions commises au sein du foyer ne seront plus poursuivies par l’État dès lors qu’elles sont justifiées par des motifs moraux ou religieux.

Le texte stipule ainsi : « Si un époux frappe son épouse avec une violence excessive entraînant fracture, blessure ou apparition d’hématomes, et que l’épouse prouve sa plainte devant le juge, l’époux sera considéré comme criminel et condamné à 15 jours de prison. »

Dans les faits, frapper son épouse devient légal tant que la violence ne dépasse pas un seuil jugé « excessif » par les tribunaux talibans.

Ce même texte dans l’article 70, prévoit jusqu’à 5 mois d’emprisonnement pour l’organisation de combats d’animaux, une peine nettement supérieure à celle infligée aux auteurs de violences conjugales.

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Pour de nombreux observateurs, cette hiérarchisation des délits révèle la place accordée aux femmes dans le système juridique taliban. Les sanctions varient non pas selon la gravité des faits, mais selon le statut social de l’accusé. Les religieux et les élites s’exposent à de simples avertissements ou convocations, tandis que la classe moyenne peut être condamnée à des peines de prison. La classe populaire, en revanche, encourt des châtiments corporels sévères, incluant menaces, passages à tabac et jusqu’à 39 coups de fouet, conformément au chapitre 3, article 9.

Sous le régime de l’Émirat islamique d’Afghanistan, l’Afghanistan s’impose désormais comme le seul pays au monde où la violence contre les femmes est protégée par la loi.

Source: Paris Match

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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