États-Unis : 6 vaccins pour enfants retirés du calendrier obligatoire

Les États-Unis ont restreint le nombre des vaccins des tout petits de 17 à 11. Le lundi 5 janvier 2026, le ministère américain de la Santé a annoncé le retrait de 6 immunisations du calendrier des recommandations pour les enfants.
Six (6) vaccins majeurs ont été retirés des recommandations générales pour les enfants aux Etats Unis. La mesure concerne des vaccins considérés comme essentiels dans la prévention de maladies parfois graves, voire mortelles.
Il s’agit des vaccins contre : la grippe, responsable chaque année de complications sévères chez les enfants ; l’hépatite A et l’hépatite B, infections virales du foie pouvant entraîner des formes chroniques ; les méningocoques, à l’origine de méningites et de septicémies fulgurantes ; le virus respiratoire syncytial (VRS), principal responsable de la bronchiolite chez les nourrissons ;
les rotavirus, cause majeure de gastro-entérites aiguës chez les jeunes enfants.
Le vaccin contre le Covid-19 avait déjà été retiré, quelques mois plus tôt, de la liste des vaccins recommandés à tous les enfants.
Désormais, ces vaccins ne seront proposés qu’aux enfants considérés à haut risque ou administrés dans le cadre d’une « décision médicale partagée » entre parents et praticiens.
Une réforme soutenue par Donald Trump
Cette réorientation de la politique vaccinale s’inscrit dans la volonté du président Donald Trump, qui avait demandé à son ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, connu pour ses positions vaccinosceptiques, de revoir le calendrier vaccinal américain.
Selon le ministère, cette réforme vise à aligner les États-Unis sur les pratiques d’autres pays développés, notamment le Danemark, cité comme modèle. « Après un examen approfondi des connaissances scientifiques, nous adoptons un calendrier plus cohérent avec le consensus international », a affirmé le ministre dans un communiqué.
Donald Trump a, de son côté, salué l’adoption d’un « calendrier plus raisonnable », assurant que les parents qui le souhaitent pourront toujours vacciner leurs enfants et que les assurances continueront de couvrir ces vaccins.
En effet, avec cette décision, le nombre de vaccins recommandés à tous les enfants américains passe de 17 à 11. À titre de comparaison, la France impose 12 vaccins obligatoires, dont ceux contre l’hépatite B et les méningocoques. Le vaccin contre les rotavirus y est recommandé, tandis que ceux contre la grippe et le Covid-19 restent accessibles.
De nombreux professionnels de santé dénoncent une décision jugée dangereuse. « Le calendrier vaccinal pédiatrique américain est l’un des outils de prévention les plus étudiés et les plus sûrs dont nous disposons », a réagi Sean O’Leary, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques. Il insiste sur la nécessité de fonder toute réforme sur des preuves scientifiques solides, et non sur des comparaisons entre pays aux réalités sanitaires très différentes.
Aussi, des experts de l’université du Minnesota rappellent que le Danemark dispose d’un système de santé centralisé, d’une population plus homogène, d’un accès universel aux soins et d’une faible prévalence de certaines maladies des conditions qui, selon eux, sont loin d’être réunies aux États-Unis.
La décision divise même le Parti républicain. Le sénateur Bill Cassidy, médecin de formation, a dénoncé une mesure « non fondée sur des données scientifiques, prise sans transparence », estimant qu’elle risque de semer la peur et d’augmenter la vulnérabilité sanitaire du pays.
Pour rappel, en décembre, la Food and Drug Administration (FDA) a annoncé enquêter sur de possibles décès liés aux vaccins anti-Covid, malgré de nombreuses études confirmant leur sécurité. Le même mois, un comité d’experts remanié par le ministère a cessé de recommander le vaccin contre l’hépatite B pour tous les nouveau-nés. Pour de nombreux spécialistes, cette nouvelle orientation pourrait entraîner une résurgence de maladies évitables, fragilisant les enfants les plus vulnérables et mettant à l’épreuve le système de santé américain.
Source : Le Monde
Résumé de Annick HIEN/MoussoNews



