France : Coach en développement personnel, elle est poursuivie par 38 personnes

Sonia M, coach en développement personnel, elle est accusée d’avoir exercé une emprise psychologique sur 38 personnes entre 2016 et 2024. Au cœur du dossier : des pratiques de manipulation, des humiliations et des formations facturées à des coûts très élevés, abus de faiblesse, usurpation de titre. Son procès débute le lundi 23 mars 2026 au tribunal correctionnel de Rennes .

Selon l’accusation et plusieurs témoignages, la coach Sonia aurait mis en place un système d’emprise progressive. La relation débutait par une phase de séduction : valorisation des participants, promesses de transformation et proximité émotionnelle. Elle évoluait ensuite vers une déstabilisation marquée par des humiliations publiques, des critiques répétées et des diagnostics psychologiques non fondés.

Certains participants affirment avoir été contraints de se livrer publiquement sur des aspects intimes de leur vie, renforçant leur vulnérabilité et leur dépendance.

Pression de groupe et techniques d’influence

Les séminaires reposaient sur des mécanismes de pression collective dont des longues sessions, mise en scène émotionnelle, alternance entre valorisation et humiliation. Des proches étaient parfois présentés comme “toxiques”, favorisant l’isolement des victimes.

Outre les pratiques , pusieurs participants évoquent des dépenses importantes pouvant aller à des millions de FCFA. En effet, des séminaires de 3 jours étaient facturés environ 7 000 euros soit environ 4,5 millions de FCFA. Des programmes complets pouvaient atteindre 25 000 à 27 000 euros soit 16 à 18 millions FCFA. Certaines formations étaient proposées autour de 750 000 à 950 000 FCFA après réduction; des accompagnements haut de gamme étaient estimés jusqu’à 45 millions FCFA (70 000 euros).

En effet, une victime a affirmé à elle seule avoir perdu près de 13 millions FCFA (20 000 euros) en quatre ans. Ces offres étaient souvent accompagnées de promotions limitées dans le temps ou de facilités de paiement, incitant à des décisions rapides.

Un secteur pointé du doigt

Cette affaire illustre les dérives du “coaching déviant”, dénoncées par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. L’organisme alerte sur l’absence de cadre réglementaire dans ce domaine, où aucune formation ni contrôle ne sont imposés.

Le coaching couvre aujourd’hui un large éventail d’activités, du bien-être au développement personnel, brouillant les frontières avec le domaine thérapeutique.

Les impacts sur les victimes peuvent être lourds entre autre des troubles psychologiques, isolement social, pertes financières importantes, voire hospitalisations. Des experts évoquent également des pratiques dangereuses comme l’exploitation de traumatismes ou l’induction de faux souvenirs. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a recensé plusieurs centaines de signalements récents.

Source : BFMTV

Résumé de Annick HIEN/MoussoNews

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