#InstantDiasporaBurkinabè : Flora Zongo veut un Burkina ancré dans ses valeurs

Installée au Canada depuis 5 ans, Zongo Flora, connue sur TikTok sous le nom de « Floflo la benguiste », se distingue par son dynamisme et son engagement. Étudiante en gestion internationale avec une spécialisation en finance, ancienne Miss Moncton et actrice de la vie associative, la jeune Burkinabè revendique une ambition assumée : revenir un jour au pays pour contribuer à son développement et, pourquoi pas, porter la voix du Burkina Faso sur la scène internationale.
Présentez-vous
Je m’appelle Zongo Flora. Je suis une jeune femme dynamique, ambitieuse et très engagée dans ma communauté. On me connaît aussi comme Floflo la benguiste sur les réseaux sociaux TikTok avec 100k abonnés. Je suis une personne joviale, déterminée, avec beaucoup de caractère, et j’aime relever des défis.
En dehors du travail et des études, je m’intéresse beaucoup à la musique, au théâtre, au défilé et au coaching, des domaines qui m’ont aidée à développer ma confiance en moi et mes compétences en communication.
Quel est votre parcours scolaire ?
J’ai fait quatre années d’études universitaires en gestion internationale, avec une concentration en finance. Pendant mes études, j’ai intégré le programme coopératif, ce qui m’a permis de combiner la théorie avec la pratique en entreprise.
J’ai ainsi réalisé quatre stages, principalement durant l’été, afin d’acquérir de l’expérience professionnelle.
En parallèle, je me suis beaucoup impliquée dans la vie communautaire : organisation d’activités, participation à des événements de la ville, engagement dans des associations. J’ai aussi été élue Miss Moncton, ce qui m’a donné l’occasion de représenter ma communauté et de participer à plusieurs projets sociaux et culturels.
J’ai également participé à des productions théâtrales, dont la pièce Yennega, et j’ai été mentore pour des nouveaux arrivants afin de les aider à mieux s’intégrer grâce à mes conseils et à mon expérience.
Depuis combien de temps êtes-vous dans votre pays hôte et pour quelles raisons ?
Je vis au Canada depuis cinq ans. Je suis venue d’abord pour mes études, mais aussi pour découvrir une nouvelle culture, élargir ma vision du monde et m’impliquer socialement.
Le Canada m’a offert de nombreuses opportunités d’apprentissage et de croissance, autant sur le plan personnel que professionnel.
J’ai également eu la chance de faire un échange universitaire en Suisse, une expérience très enrichissante qui m’a permis de découvrir un autre environnement académique et culturel.
Qu’est-ce que vous faites dans la vie et pourquoi ce choix de métier ?
Aujourd’hui, je me définis comme une jeune professionnelle en construction, en train de devenir la personne que j’aspire à être.
J’ai choisi la gestion internationale parce que je voulais un métier qui combine à la fois l’administration et la diplomatie. Ce sont deux domaines qui me passionnent, surtout que la politique et les relations internationales m’intéressent beaucoup.
J’ai également opté pour une concentration en finance, car c’est un domaine essentiel et très riche en connaissances, surtout à notre époque. Comprendre comment fonctionnent les finances, savoir gérer ses ressources et bâtir une indépendance financière, c’est pour moi une base solide, autant sur le plan personnel que professionnel.

Comment s’est faite votre intégration ?
Mon intégration a été à la fois simple et un peu complexe. Complexe, parce que je suis arrivée en plein pendant la période du COVID. J’ai suivi mes premiers cours en ligne, avec peu d’interactions et peu de contacts avec l’extérieur ou avec les autres étudiants.
Mais en même temps, elle a été facilitée par le fait que je vivais dans une résidence universitaire. Je participais aux activités du logement, ce qui m’a permis de me faire des amis et de rencontrer d’autres nouveaux arrivants.
J’ai aussi eu la chance de faire la connaissance, dès mon arrivée, du président de l’Association des Burkinabè, Lionel, ce qui a beaucoup contribué à me guider et à m’aider à m’intégrer plus rapidement.
Quels sont vos défis au quotidien ?
Mes défis au quotidien au Canada ne se limitent pas seulement à réussir financièrement. Je cherche aussi à réussir intellectuellement, professionnellement et socialement.
Nous vivons dans une société où l’individu est très autonome, parfois même isolé. La solitude peut vite devenir une compagne quotidienne si on n’y prend pas garde. Mon défi est donc de trouver l’équilibre entre l’indépendance, l’épanouissement personnel et le maintien de relations humaines solides.
Comptez-vous rentrer au pays un jour ? Et quelles sont vos ambitions pour le Burkina Faso ?
Oui, absolument. Je compte rentrer un jour au Burkina Faso. Mon objectif est de pouvoir investir, partager mon expérience et contribuer concrètement au développement de mon pays.
J’ai aussi une ambition personnelle : travailler dans le domaine public et, pourquoi pas, un jour devenir Première ministre des Affaires étrangères, afin de représenter dignement le Burkina Faso sur la scène internationale.
Quels sont vos souhaits pour le Burkina Faso ?
Je souhaite que le Burkina Faso reste un pays profondément attaché à ses valeurs, tout en avançant vers un avenir meilleur. J’espère une croissance économique, politique et intellectuelle, sans que cela se fasse au détriment de notre culture, de nos traditions et de notre identité.
Car pour moi, un pays qui perd son identité est un pays qui ne sait plus où il va.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews



