Kenya : Les employées peuvent bénéficier de 2 jours de congés payés pour des cas de règles douloureuses

Le comté de Nairobi franchit une étape importante en matière de droits des femmes au travail. Depuis février 2026, les employées de l’administration locale bénéficient désormais de deux jours de congés menstruels payés par mois en cas de douleurs liées aux règles. Une mesure adoptée en décembre 2025 et désormais effective.
2 jours de congés payés pour des salariées en cas de règles douleureuses. C’est la nouvelle politique mise en vigueur au Kenya depuis février 2026.
À travers cette initiative, le gouverneur Johnson Sakaja entend améliorer les conditions de travail des femmes et par ricochet, leur productivité. « Votre meilleur atout, c’est votre personnel. Il faut lui donner de la dignité pour qu’il se sente respecté et fier », a-t-il déclaré.
En effet, la mesure a été adoptée sans réelle résistance, malgré quelques inquiétudes sur un possible frein à l’embauche des femmes. Un argument que rejette le gouverneur, convaincu que des salariées soutenues sont plus performantes.
Dans le comté, environ 18 000 femmes sont concernées. Selon les autorités, l’impact financier reste limité, le système administratif permettant de compenser les absences ponctuelles.
Autre particularité, le dispositif repose sur le principe du « pas de question, pas de formulaire ». Les employées peuvent ainsi prendre ces jours de repos sans justificatif médical, en complément des congés annuels et des arrêts maladie prévus par le droit du travail.
Un enjeu de santé au travail
Pour de nombreuses femmes, les douleurs menstruelles constituent un véritable obstacle à la performance professionnelle. La gynécologue Eunice Cheserem souligne que près de 50 % des patientes qu’elle reçoit souffrent de douleurs sévères, parfois accompagnées de vomissements, migraines ou crampes intenses.
Dans ce contexte, le repos apparaît comme une nécessité. « Lorsqu’une femme souffre fortement, elle cesse d’être fonctionnelle », explique-t-elle, estimant que cette politique offre une réponse adaptée à un problème de santé souvent sous-estimé.
Des premiers retours encourageants
Du côté des ressources humaines, les premiers retours sont jugés positifs. Janet Opiata affirme que les bénéficiaires reviennent au travail « plus efficaces » après leur repos. Rien qu’en février, au moins une douzaine de femmes de son service ont eu recours à ce dispositif.
Certaines employées confirment cet impact. Pour Marion Kapuya, travailler sous la douleur peut entraîner des erreurs et une baisse de rendement. « Lorsque vous êtes soulagée, votre performance est bien meilleure », assure-t-elle.
Entre avancée sociale et défis culturels
Malgré ces progrès, des obstacles subsistent, notamment liés à la stigmatisation. Évoquer ses règles dans un cadre professionnel reste difficile pour certaines employées, même avec un dispositif officiel en place.
D’autres voix appellent à aller plus loin. C’est le cas de Christine Akinyi, qui estime que 2 jours sont insuffisants et craint que cette politique n’encourage certains employeurs à privilégier les hommes.
Pour rappel, avec cette initiative, le Kenya devient le second pays africain à introduire un congé menstruel, après la Zambie. À l’échelle mondiale, le Japan a été pionnier dès 1947, suivi plus récemment par l’Espagne en 2023, ainsi que par l’Indonésie et la Corée du Sud.
Source : Le Journal Afrique
Résumé de Annick HIEN/MoussoNews



