Kongoussi : Une enseignante à la barre pour maltraitance sur sa nièce

Le tribunal de grande instance de la ville a examiné, le 28 janvier, une affaire de violences sur mineure. Une professeure de français, A.D., est poursuivie pour des actes de maltraitance répétés sur sa nièce de 7 ans.

L’affaire a éclaté à la mi-janvier grâce à la vigilance d’un citoyen. L’intervention des services sociaux et de la police a permis d’extraire la petite B.D. d’un environnement devenu dangereux. Hospitalisée d’abord à Kongoussi, la fillette a finalement été transférée à la pédiatrie Charles-De-Gaulle de Ouagadougou en raison de la gravité de son état.

Un accident domestique ou un calvaire quotidien ?

Devant les juges, la prévenue a tenté de justifier les blessures de l’enfant par un malheureux concours de circonstances. Elle a décrit une scène de colère où, en voulant corriger la fillette qui aurait touché à la nourriture, elle l’aurait accidentellement brûlée avec le couvercle d’une marmite suite à une chute.

Pourtant, le certificat médical et l’enquête contredisent fermement cette version. Les examens cliniques révèlent des traces de coups d’âges différents, suggérant des violences chroniques. Plus alarmant encore, le procureur a souligné un état de dénutrition et de traumatisme psychologique, appuyé par des photos de la victime projetées en salle d’audience, provoquant l’indignation du public.


Le père de la victime, venu de Tenkodogo, a exprimé une douleur profonde en découvrant l’état de sa fille, qu’il avait confiée à sa sœur pour la protéger de l’insécurité. Malgré le choc, il a invoqué la préservation du « tissu social » pour demander la clémence des juges envers la prévenue.

Le ministère public, tout en reconnaissant la fonction d’enseignante de la prévenue et la demande de la famille, a tenu à marquer le coup :

« Les faits sont entièrement constitués. Cela ne devrait pas venir d’une mère, encore moins d’une enseignante », a martelé le procureur.

Pour ces faits de coups et blessures volontaires et de privation de soins, le parquet a requis une peine de 12 mois de prison et une amende d’un million de francs CFA, le tout assorti du sursis.

Cette peine permettrait à l’enseignante de poursuivre ses cours pour ses classes d’examen, tout en servant d’avertissement solennel.

Le tribunal rendra son verdict le 25 février 2026.

Source : Faso Times

Résumé de Annick HIEN/MoussoNews

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