Nafila Dabiré / Sangaré : L’engagement d’une bâtisseuse d’entrepreneurs

De la Guinée à la France et enfin Ouagadougou, Nafila Mahawa Christie Sangaré épouse Dabiré trace son parcours entre résilience personnelle et engagement pour l’émergence de l’entrepreneuriat africain. À travers son expérience riche, elle consacre ses compétences pour accompagner les entreprises et les jeunes aspirants à l’entreprenariat.
Née dans un environnement mêlant valeurs africaines et éducation occidentale, Nafila Mahawa Christie Sangaré épouse Dabiré, a grandi entre 3 pays en Afrique et en Europe. De Conakry à Toulouse (France), son parcours académique témoigne d’une quête de compréhension globale des enjeux économiques et sociaux.
Après des études au Collège et Lycée Albert Camus de Conakry, elle poursuit en France un cursus universitaire riche et multidisciplinaire : administration économique et sociale, droit des affaires, économie sociale et solidaire, puis management de projet industriel. Un socle de compétences qui lui offre une lecture fine des dynamiques entrepreneuriales et territoriales.

Des débuts professionnels marqués par la résilience
Son arrivée en France est aussi celle des défis. Confrontée à des réalités personnelles exigeantes, elle travaille parallèlement à ses études pendant plusieurs années. Télévendeuse, puis assistante expérience client, elle apprend la rigueur, la discipline et surtout la dignité dans l’effort. « Travailler en France en tant que femme africaine avec un caractère affirmé m’a appris à garder la tête haute », confie-t-elle. Une école de vie qui, selon elle, a forgé son caractère et renforcé sa détermination.
Après ses études, Nafila s’engage dans l’accompagnement de la diaspora africaine au sein du Service International d’Appui au Développement (SIAD). Mais très vite, une conviction s’impose : contribuer à distance ne suffit pas.

Animée par le besoin d’agir au plus près des réalités, elle décide de rentrer en Afrique. Entre Guinée, Côte d’Ivoire et Burkina Faso, c’est finalement à Ouagadougou qu’elle pose ses valises, en rejoignant La Fabrique, un incubateur engagé.
« Ce choix est aussi personnel ». À cette période, celui qui deviendra son mari est déjà installé au Burkina Faso. Une convergence de facteurs qui transforme cette décision en évidence. « Ce n’était pas seulement un choix professionnel, mais un choix de cohérence de vie », explique-t-elle.
À La Fabrique, Nafila accompagne des entrepreneurs dans la structuration et la croissance de leurs projets. Modèles économiques, stratégies, levée de fonds : son rôle est aussi technique qu’humain.
Mais cette expérience va au-delà des outils. Elle découvre la complexité des relations humaines dans l’entrepreneuriat. « J’ai appris que travailler avec des personnes est souvent plus complexe que les méthodes », reconnaît-elle.
Encadrée par Lisa Tietiembou Barutel, elle développe rigueur, exigence et profondeur dans l’accompagnement. Une étape déterminante dans sa construction professionnelle.
Orange Digital Center : Un nouveau cadre
Son passage à Orange Burkina Faso marque une nouvelle phase. Elle y découvre les réalités d’une grande organisation, avec ses enjeux stratégiques et sa complexité structurelle.
Mais une constante demeure : l’humain. « Quelle que soit la taille d’une organisation, les défis restent profondément humains », souligne-t-elle. Ce passage entre incubateur et grande entreprise devient ainsi une véritable école de maturité, où elle affine sa compréhension des dynamiques organisationnelles et humaines.

Entrepreneuriat : Lucidité et engagement
Pour Nafila, l’entrepreneuriat est un levier majeur de transformation économique et sociale en Afrique. Mais elle refuse toute idéalisation. « Entreprendre demande du courage, de la discipline et une capacité permanente à s’adapter », insiste-t-elle. Dans des contextes marqués par de fortes réalités sociales, réussir implique de trouver un équilibre entre rigueur économique et compréhension humaine.
Sa plus grande fierté ? Voir des entrepreneurs se transformer. Passer du doute à la confiance, d’une idée fragile à une entreprise créatrice de valeur.
Une vision tournée vers l’avenir
Si elle n’exprime pas de regret, Nafila formule un souhait : voir l’écosystème entrepreneurial africain gagner en cohérence et en structuration. Elle appelle à une meilleure articulation entre politiques publiques, financements et initiatives d’accompagnement.
Malgré les défis, elle reste résolument optimiste. Pour elle, les talents sont là, et les dynamiques à l’œuvre portent déjà les germes d’une transformation durable.
Au-delà des projets et des structures, Nafila Mahawa Christie Sangaré Dabiré défend une vision profondément humaine de l’entrepreneuriat. Entreprendre, selon elle, ne se limite pas à créer une entreprise.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews



