Ouagadougou : 11 personnes dont 6 femmes à la barre pour avortement clandestin

Un reseau d’avortement clandestin a comparu au tribunal de grande instance de Ouaga le 11 mars 2026 dans une affaire d’interruption volontaire de grossesse impliquant onze prévenus, dont 6 femmes et 5 hommes. Au terme du procès, 7 d’entre eux ont été reconnus coupables, tandis que 4 ont été relaxés pour infraction non constituée.
L’affaire remonte à décembre 2025. Des plaintes provenant de centres de santé, combinées à des investigations policières sur les réseaux sociaux, ont permis de démanteler un réseau opérant sous l’appellation « Avortement rapide et sans risque ».
Selon les éléments de l’enquête, plusieurs femmes et hommes avaient payé ou tenté de se procurer des produits abortifs via des contacts établis notamment sur Facebook et WhatsApp.
D’autres encore ont évoqué la peur du rejet familial ou des partenaires ayant initialement accepté la grossesse avant de se rétracter. Outre, des hommes également étaient impliqué dans le réseau. Certains ont reconnu avoir financé l’achat de produits abortifs ou encouragé la démarche.
L’un d’eux, en difficulté financière, a admis avoir pris la décision d’avorter avec sa partenaire. Un autre a reconnu avoir remis de l’argent par peur, sans mesurer les conséquences juridiques de son acte.
Le procureur n’a pas manqué de relever les contradictions de certains prévenus, notamment ceux évoquant des difficultés économiques tout en entretenant plusieurs relations.
Les livreurs, maillon clé du dispositif
Deux livreurs jouaient un rôle central dans le fonctionnement du réseau. Recrutés via Facebook, ils assuraient la distribution des produits abortifs.L’un d’eux a reconnu avoir effectué entre 80 et 85 livraisons, pour une rémunération de 1 000 FCFA par course. Il affirme avoir poursuivi cette activité malgré la découverte de la nature des produits, par crainte de représailles. Le second a déclaré avoir cessé après une dizaine de livraisons.
Le verdict
Dans sa décision, le tribunal a finalement opté pour des sanctions globalement assorties de sursis. 3 prévenus ont été condamnés à 12 mois de prison avec sursis et à une amende de 250 000 FCFA avec sursis. 2 autres ont écopé de la même peine avec une amende d’un million de FCFA avec sursis. Un prévenu a été condamné à 12 mois avec sursis, assortis d’une amende d’un million de FCFA dont 200 000 FCFA ferme.
Les 2 livreurs ont quant à eux été condamnés à 12 mois de prison avec sursis et à une amende d’un million de FCFA, dont 500 000 FCFA ferme. Par ailleurs, le tribunal a ordonné la confiscation et la destruction de 121 boîtes de produits abortifs saisies.
Source : Zoodomail.com
Repris par Annick HIEN/MoussoNews



