Ouagadougou : Ces commerçantes qui ne vendent que sur WhatsApp 

À Ouagadougou, le commerce en ligne ne passe pas toujours par Facebook ou TikTok. Pour certaines jeunes filles, tout se joue sur WhatsApp. Statuts, groupes, listes de diffusion. Elles ont leur boutique dans leur téléphone et parfois leur principale source de revenus.

De plus en plus, des commerçantes ont leur boutique dans le téléphone Whatsapp. Comme stratégie, elles publient les articles en statut, puis les relaient dans des groupes ou directement aux contacts pour qu’ils fassent leur choix.

Parmi elles, Mina. Commerçante depuis 3 ans, elle s’approvisionne auprès de son fournisseur habituel à 10-Yaar avant de revendre sur WhatsApp. Robes, ensembles tailleur, pagnes, slips, lingerie, baya, parfums… Aujourd’hui, elle vend presque de tout. Pourtant, il y a un an, son activité était plus restreinte. « Je vendais seulement des slips, soutiens et pagnes. Mais au fur et à mesure que je me fais des clients fidèles, je peux aujourd’hui vendre presque tout type d’articles. Il suffit que ça leur convienne. Peu importe, il y a toujours une ou deux personnes qui vont payer », explique-t-elle, confiante.

Avec ses 2 500 contacts et plusieurs groupes, Mina estime que WhatsApp est plus rentable que Facebook. « Souvent même quand tu publies sur Facebook, personne ne réagit et personne ne commande. Au début, j’ai voulu vendre aussi sur Facebook mais je me suis vite découragée », raconte-t-elle. Au fil du temps, elle a élargi son offre : chaussures, mèches, bazin…Certaines clientes lui envoient même des photos de produits recherchés. Mina part alors au marché, négocié, puis revend avec sa marge.

Mais derrière cette dynamique, les défis sont réels. Pour Mina, publier en statut ne suffit pas.« Il y a certains de mes contacts qui ne regardent pas les statuts, donc à chaque fois je leur balance les articles », dit-elle avec ironie.

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Connexion permanente et paiement en deux temps

Hortense partage les mêmes contraintes, notamment le défi de la connexion. « Je ne me déconnecte pas », affirme-t-elle. La disponibilité constante est, selon elle, une condition essentielle pour mieux vendre.

Comme Mina, elle publie ses articles en statut et les envoie directement à ses contacts avec les prix. Mais elle se distingue par une formule souple dont un paiement en 2 tranches. De son avis, les clientes versent la moitié du prix, récupèrent la commande, puis règlent le reste dans un délai convenu.

Autre stratégie, une liste de diffusion

Doriane, elle, mise davantage sur des vidéos attractives et des posts soignés en statut. Elle utilise également la liste de diffusion une fonctionnalité de WhatsApp qui permet d’envoyer le même message à plusieurs personnes sans créer de groupe. Mais la chaîne de diffusion a ses limites. « Très souvent, les gens n’aiment pas faire partie des listes de diffusion. Soit ils ne partagent pas, soit ils te demandent de les retirer de la liste », prévient-elle.

Doriane vend des boubous et des robes en divers tissus. Pour elle, l’originalité des vidéos et la régularité des publications sont essentielles pour capter l’attention.

La vente uniquement sur commande

À la différence de Doriane, Soraya fonctionne exclusivement sur commande. Elle publie ses articles, les clientes font leur choix, puis elle se rend chez son fournisseur pour récupérer les produits.

Chemises, robes, ensembles jeans, t-shirts, chaussures… Voilà 3 ans qu’elle vend ainsi sur WhatsApp. Sa principale difficulté reste le paiement. « Souvent, elles peuvent commander et quand je vais chercher, elles disent de patienter qu’elles n’ont plus d’argent. En ce moment, ça me pénalise, mais elles finissent toujours par payer », déplore-t-elle. Pour Soraya, vendre sur WhatsApp exige patience et tolérance. « Comme je vends avec mes contacts, souvent je suis obligée de les harceler pour qu’ils payent afin que je puisse prendre d’autres commandes », affirme t-elle.

Malgré les contraintes, elle nourrit une ambition d’ouvrir sa propre boutique dans les années à venir.

Annick HIEN/MoussoNews

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