Passoré : Après 10 ans d’exil pour sorcellerie ,une femme retrouve son foyer
Après une décennie d’exil forcé, dame Kuilga Tempoco (nom d’emprunt) a retrouvé, le 5 mars 2026, la chaleur de son foyer dans la province du Passoré. Elle etait accusée de sorcellerie après le décès de son mari
En 2016, la vie de Dame Kuilga a basculé brutalement lorsqu’elle est accusée de sorcellerie à la suite du décès d’un enfant dans son village. Rejetée par sa communauté, elle est contrainte de fuir, abandonnant derrière elle son mari, ses 6 enfants et tout un pan de son existence.
Elle trouve alors refuge au Centre Delwendé, structure d’accueil pour femmes victimes d’exclusion sociale, où elle passera 10 ans.
Son retour a été possible grâce à un processus de sensibilisation et de médiation communautaire. Les autorités coutumières, touchées par ces actions, finissent par autoriser le retour des personnes accusées de sorcellerie qui le souhaitent, dans une logique de réconciliation et de cohésion sociale.
Saisissant cette opportunité, le mari et les enfants de dame Kuilga entreprennent les démarches nécessaires pour la faire revenir. Pour marquer ce nouveau départ, ils vont jusqu’à lui construire une nouvelle maison.
Accueillie par son époux, sa belle-famille et des voisins venus nombreux, dame Kuilga a retrouvé un environnement qu’elle n’espérait plus revoir.
Les témoignages de joie et de soulagement se succèdent. Son mari, visiblement ému, exprime sa reconnaissance envers le Centre Delwendé pour l’avoir accompagnée durant ces années d’exil, mais aussi envers la Commission épiscopale Justice et Paix du Burkina pour son rôle déterminant dans ce processus de réinsertion.
Au-delà du retour familial, l’enjeu est désormais celui de la réintégration durable. Pour soutenir dame Kuilga dans cette nouvelle étape, la Commission épiscopale Justice et Paix du Burkina (CJP) lui a remis un kit alimentaire d’une valeur de 50 000 FCFA, ainsi qu’un appui financier équivalent pour répondre à ses besoins immédiats.

Elle a également été encouragée à développer une activité génératrice de revenus (AGR), dont le financement est prévu, afin de lui permettre de retrouver une autonomie économique et reconstruire progressivement sa vie.
Source : CJP
Repris par Annick HIEN/MoussoNews



