Pr Gisèle Badoum/Ouédraogo : Une des pionnières pneumologues au Burkina

Au Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo, Pr Gisèle Badoum/Ouédraogo fait figure de référence. Elle n’est pas seulement pneumologue, elle est aussi une pionnière. En 2022, elle elle était la seule femme à exercer cette spécialité dans cet établissement emblématique.

Pr Gisèle Badoum/Ouédraogo a pris service au CHU Yalgado Ouédraogo en août 2022 et y est restée seule femme pneumologue pendant 3 ans, jusqu’à ce qu’une collègue la rejoigne.

Médecin pneumologue depuis 25 ans et spécialiste de la tuberculose, Pr Gisèle cumule aujourd’hui plusieurs responsabilités. Chef de service de pneumologie, enseignante à l’université et professeur titulaire en Pneumologie, elle incarne une carrière bâtie sur la rigueur, la passion et une volonté affirmée de servir.

Pr Gisèle Badoum/Ouédraogo dans son bureau au service pneumologique au CHU Yalgado


Une vocation guidée par l’impact social

Rien ne destinait pourtant au départ Pr Gisèle Badoum/Ouédraogo à la pneumologie. Mais très tôt, son intérêt pour la santé publique l’oriente vers une discipline à fort impact.

« Je voulais soulager les patient.e.s qui souffrent de maladies respiratoires car ce sont des maladies qui représentent un véritable problème de santé publique. Je me suis demandée ce que je pouvais faire pour soulager la population», explique-t-elle. Pour elle, son choix s’est imposé comme une évidence car des personnes de son entourage souffraient également de cette maladie.

Formée en médecine générale à l’Université Joseph Ki-Zerbo, elle poursuit sa spécialisation en pneumologie à l’Université de Cocody en Côte d’Ivoire, puis à l’Université de Limoges en France. Et depuis 25 ans, Gisèle exerce avec constance et engagement.


Tuberculose, asthme, cancer : un front sanitaire majeur

Dans le service pneumologique, les pathologies respiratoires sont nombreuses et parfois lourdes. La tuberculose reste en tête, constituant une part importante des activités, tant au niveau hospitalier que national. À cela s’ajoutent l’asthme, les maladies allergiques, les bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) et de plus en plus, les cancers pulmonaires.

Elle alerte également sur des facteurs souvent sous-estimés, comme la fumée de cuisson. En effet, longtemps ignorée, cette exposition quotidienne est aujourd’hui identifiée comme une cause importante de maladies respiratoires chez les femmes, notamment en milieu domestique.

A entendre la spécialiste, les maladies respiratoires les plus fréquentes au Burkina sont la tuberculose, l‘asthme, les maladies allergiques sur le plan respiratoires comme les bronchites aigues, qui est un motif de consultation très fréquente en pneumologie.

Selon la Pr, les premiers signes d’alerte des maladies de poumons sont la toux et la difficulté respiratoires. « La toux est un mécanisme de défense. Et dans 80%, des cas, on a la toux », alerte -t-elle. A cet effet, elle partage des gestes simples de protection contre les maladies respiratoires. Entre autre elle préconise les masques.

Pr Gisèle est Médecin pneumologue depuis 25 ans et spécialiste de la tuberculose, Chef de service de pneumologie, enseignante à l’université et professeur titulaire en Pneumologie.

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Une pionnière face aux défis du genre

À ses débuts, Pr Gisèle a évolué dans un environnement presque exclusivement masculin. Mais aujourd’hui, le Burkina Faso compte 41 pneumologues dont 9 sont des femmes.

Elle a commencé la pneumologie étant enceinte. Mais son état ne l’a pas empêché de poursuivre son objectif.

Elle a travaillé à briser les stéréotypes et à démontrer que la pratique médicale n’est pas incompatible avec la maternité, à condition de respecter les mesures de protection. « Ça fait 25 ans que j’exerce. Les défis majeurs c’était à mes débuts. On se demandait ce que je faisais ici surtout étant enceinte », se rappelle t’elle en affirmant qu’elle a démontré qu’aucun défis n’exempt une femme à faire sa profession.

Au-delà du service hospitalier, Gisèle est enseignante à l’Université Joseph ki Zerbo depuis 2009 et participe activement à la formation des jeunes médecins. Cette Une double casquette exigeante, qui demande un équilibre constant entre vie professionnelle et vie familiale. « La carrière universitaire implique beaucoup de déplacements et d’absence, notamment pour des congrès internationaux ou régionaux », explique-t-elle. En effet, cela représente un investissement personnel mais aussi financier, car il lui est arrivé souvent de financer elle-même ses voyages pour avancer dans sa carrière.

Selon la Pneumologue, le soutien de sa famille, notamment de ses parents et de son époux, a été déterminant dans sa réussite. « Sans leur accompagnement, je n’aurais pas pu concilier ces responsabilités et mener à bien mes engagements professionnels », reconnait-elle tout en rappelant que sa persévérance et sa volonté de réussir ont été tout aussi déterminantes.


Aux jeunes générations


Pr Gisèle Badoum/Ouédraogo tient particulièrement à encourager les jeunes femmes et les étudiantes en médecine. De son avis, la pneumologie est une spécialité passionnante, polyvalente et essentielle. « La pneumologie ne se limite pas à la tuberculose ni aux poumons. Pendant longtemps, on nous appelait les “tousseurs et cracheurs”, mais en réalité nous faisons de la médecine générale appliquée aux maladies respiratoires et systémiques. Le poumon, c’est le cœur de tout : la circulation sanguine, l’ensemble du corps, tout passe par lui » , interpelle -t-elle.

Elle invite ainsi à dépasser les préjugés et à considérer la spécialité dans toute sa dimension, de la prévention à la prise en charge des pathologies complexes.

Elle encourage également la population à la consultation. « Il ne faut pas attendre d’être malade pour consulter.  Il ne faut pas avoir de prjeuge pue une discipline en  disant que si on vient labas, on va été étiqueté. La prévention est essentielle. Ne sous-estimez pas les symptômes respiratoires et venez vous faire voir à temps », a-t-elle lancé.

Pr Gisèle Badoum/Ouédroago parmi les membres du jury lors d’une soutenance à l’université Joseph Ki Zerbo.

Distinctions et reconnaissances

Au fil de sa carrière, Pr Gisèle Badoum/Ouédraogo a reçu de nombreuses distinctions, dont le titre de Chevalier de l’Ordre de l’Etalon, ainsi que des félicitations de son centre hospitalier et de son université pour ses contributions à la formation et au service des patients.

Ainsi, elle encourage particulièrement les jeunes femmes à s’orienter vers la pneumologie, une spécialité qu’elle juge passionnante et essentielle .

Annick HIEN/MoussoNews

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