Rodrigue : Un mécanicien au style vestimentaire différent

Mécanicien de profession, Rodrigue R. Ouédraogo n’est pas comme les autres. Avec 16 ans, sa particularité, est qu’il est toujours habillés dans des habits propres. Ce qui n’est pas commode dans son domaine. Résidant à Saaba, c’est dans le quartier Karpala qu’il exerce sa profession.
Rodrigue R. Ouédraogo a décidé de casser les codes dans la mécanique, connue de tous comme un métier qui ne demande pas assez d’efforts vestimentaires.
Évoluant dans ce domaine depuis 2010, il s’habiller au quotidien dans des habits bien conçu et propres pour faire son travail, à la différence de ceux qui s’habillent et changent des vêtements une fois sur le lieu de travail ainsi que ceux qui portent des habits tachés d’huile de motos ou de vélos.

Des ensembles cousus avec des pagnes comme le kokodunda, des t-shirts, des chemises, des pantalons, des jeans, des baskets, des souliers… font partie intégrante de son choix vestimentaire.
Pour Rodrigue Ouédraogo, ce choix vestimentaire est une règle qu’il s’est imposée depuis une dizaine d’années. « J’ai opté pour bien m’habiller avec mes ensembles pour faire mon travail parce que c’est grâce à ce travail que j’arrive à me les procurer. Je ne peux donc pas négliger ce métier qui me permet également de subvenir à mes besoins », renchérit-il.
Concernant l’entretien de ses habits, qui n’est pas trop adapté à son métier, Rodrigue n’y voit aucun problème. « Je ne peux pas dire que l’entretien de mes habits est compliqué avec mon métier, du moment où c’est ce travail qui me permet de les acheter. Si par exemple je porte ces habits pour travailler, l’argent que j’obtiens me permet d’en racheter d’autres », dit-il.

Un habillement qui fait douter certaines personnes de sa profession lorsqu’elles arrivent sur son lieu de travail. Selon Rodrigue Ouédraogo, certaines personnes nient catégoriquement le fait qu’il soit le mécanicien et se dirigent très souvent vers ses deux collègues ou chez son patron.
« Nous sommes trois à travailler ici avec le patron, mais c’est toujours moi qui fais les réparations. La plupart des personnes qui arrivent se dirigent directement vers l’un d’eux pour expliquer le problème. Ce n’est qu’après la réparation que le client se rend compte que c’est réellement mon travail », a-t-il affirmé.
C’est le cas d’Assèta Lakouandé. Lors de sa première venue, elle dit n’avoir pas reconnu le mécanicien. « À mon arrivée, je ne pouvais pas imaginer que c’était lui le mécanicien. Il était très bien habillé, plus que certains hommes qui travaillent dans un bureau. Pour moi, c’était un monsieur qui attendait que le mécanicien revienne avec sa voiture », a-t-elle témoigné.

Malgré les contraintes du métier, notamment la poussière et les risques pour la santé, Rodrigue garde espoir et exerce son travail avec « amour », tout en restant toujours soucieux de son apparence. Quant à son avenir, il reste ouvert, tout en remettant la suite des choses entre les mains de son créateur.
Aristophane ZEBANGO (Stagiaire)/MoussoNews



