Sénégal : L’homosexualité est désormais punie de 5 à 10 ans de prison et d’une amende de 2 à 10 millions de FCFA

Les relations homosexuelles pourraient être punies de cinq à dix ans de prison au Sénégal, après l’adoption d’une nouvelle loi par l’Assemblée nationale du Sénégal le 11 mars 2026. Le texte doit désormais être promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye.

Portée par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, la législation double les peines prévues pour les relations homosexuelles consenties. Désormais, les personnes reconnues coupables risquent de 5 à 10 ans d’emprisonnement, contre des peines plus légères auparavant.

La loi introduit également des sanctions contre la promotion, le soutien ou le financement de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité. Elle prévoit en outre des amendes allant de 2 à 10 millions de FCFA, contre 100 000 à 1 500 000 FCFA dans la législation précédente. La peine maximale pourra être appliquée notamment lorsque les faits impliquent un mineur.

Toutefois, le texte prévoit aussi des sanctions contre les dénonciations abusives faites de mauvaise foi visant des personnes soupçonnées d’homosexualité.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la question de l’homosexualité au Sénégal, marqué ces dernières semaines par plusieurs arrestations liées à des accusations d’« actes contre nature ».

Lire aussi: Homosexualité au Sénégal : 40 suspects arrêtés, un étudiant avoue avoir couché avec des célébrités – Mousso News

Du côté des organisations internationales, la mesure suscite des inquiétudes. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, estime que cette loi « bafoue les droits humains fondamentaux », notamment le droit à la dignité, à la vie privée et aux libertés d’expression et d’association.

L’Organisation des Nations unies appelle ainsi le président sénégalais à ne pas promulguer cette loi, qui pourrait faire du pays l’un des plus répressifs d’Afrique à l’égard des personnes LGBT+.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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